samedi 17 octobre 2009

VIGILANCE RDC kimia 2

VIGILANCE RDC

un lieu d'échange et de partage sur ce qui fait l'actualité en RDC. Nous souhaitons ainsi établir une passerelle entre les Congolais, les amis du Congo et tous ceux qui veulent oeuvrer pour influer sur la destination de la RDC.

17 octobre 2009

Muzito : Kabila s'implique personnellement

Le Premier ministre passera son énième examen sans couac. Il a les assurances du soutien du chef de l’Etat qui a donné des ordres précis à certains élus du peuple qu’il aurait reçus jeudi pendant 6 heures à la Cité de l’OUA


L’orage est passé. Le Président de la République, l’autorité morale de l’Alliance de la majorité présidentielle -AMP-, le chef de la Majorité, s’est personnellement impliqué ne voyant aucune raison majeure pouvant justifier l’humiliation de son Premier ministre. Le mot d’ordre de Kabila est enfin tombé. La consigne a été donnée à tous les députés AMP depuis quelques temps mais l’ultime recommandation a été donnée jeudi 15 octobre 2009 aux députés que le Président de la République a reçus à la Cité de l’OUA. Durée de la rencontre: 6 heures, ont affirmé des sources introduites à la Cité. L’ambiance était détendue. Les discussions se sont déroulées dans la convivialité. Autour d’un rafraîchissement. Avec l’appui assuré des partenaires de l’UDEMO, la Majorité -la discipline retrouvée, les rangs désormais ressoudés- va devoir affronter dans la sérénité l’échéance Budget 2010 et la motion Kanku, déjà vidée de sa substance par les débats déchaînés et francs qui ont eu lieu ces derniers jours à l’Hémicycle.

A l’allure où la représentation nationale a clôturé ses interventions auxquelles le chef du gouvernement Adolphe Muzito répondra ce vendredi 16 octobre 2009 dans l’avant-midi, il se dégageait déjà un large consensus pour la recevabilité du projet du Budget 2010. Parmi les mobiles, on cite ces félicitations lancées au Premier ministre et l’ensemble de son gouvernement par la majorité des groupes parlementaires de l’AMP et quelques députés de l’opposition lors de leurs interventions du haut de la tribune:«ce projet a été déposé dans le délai constitutionnel contrairement aux budgets des années antérieurs». S’il n’y avait plus d’inquiétudes côté Budget -le vote devant se faire à mains levées et le Parlement restant la seule autorité budgétaire, donc capable de refondre le projet sous examen-, l’inconnue demeurait le comportement de la Majorité, fissurée jusqu’il y a peu, face à la motion Kanku. Et là, Kabila a joué. Il a sauvé sa maison. Le président de la République, autorité morale de l’Alliance de la majorité présidentielle -AMP-, chef de la Majorité, s’est personnellement impliqué pour sauver son Premier ministre des griffes des députés. Démarche très justifiée, commente un député AMP d’autant que le chef de l’Etat ne trouve aucune raison pouvant justifier l’humiliation de son Premier ministre. Fidèle également aux alliances. Le mot d’ordre de Kabila est enfin tombé. La consigne a été donnée à tous les députés AMP depuis quelques temps mais l’ultime recommandation, elle, a été donnée à quelques heures du rendez-vous, jeudi 15 octobre 2009 à certains élus que le Président de la République a reçus à la Cité de l’OUA. Durée de la rencontre: 6 heures, ont affirmé des sources introduites à la Cité. L’ambiance était détendue. Les discussions se sont déroulées dans la convivialité. Autour d’un rafraîchissement. Ça s’est apaisé. L’orage est passé. Avec l’appui assuré des partenaires de l’UDEMO, la Majorité -les rangs désormais ressoudés- va devoir affronter dans la sérénité l’échéance Budget 2010 et la motion Kanku, déjà vidée de sa substance par les débats déchaînés et francs qui ont eu lieu ces derniers jours à l’Hémicycle.

Franc débat autour du remaniement

La coalition au pouvoir a déjà donné la consigne pour la recevabilité de ce projet. Elle a juré de faire bloc. Question de doter le gouvernement des moyens de sa politique pour la réalisation de cinq chantiers de la République. En plus, l’autorité budgétaire c’est le Parlement et non pas le gouvernement. Dans les couloirs du Palais du peuple, les observateurs notent que la motion déposée par le député Clément Kanku a été vidée de toute sa substance lors du débat sur l’exécution du budget 2009. On explique que le débat ne devrait en principe plus avoir lieu. Le Premier ministre a fourni des explications. Et les choses sont claires. Le gouvernement est tenu de faire la reddition des comptes à la fin de chaque trimestre devant la Cour des comptes.

Si Adolphe Muzito s’est bien préparé et a compris les enjeux, il lui appartient de réserver des arguments massues et des réponses calibrées qui rencontreront les préoccupations des députés quant à ce. Samedi 17 octobre journée programmée pour débattre de la célèbre motion de Kanku, ou une autre date à fixer, on risque d’assister à une plénière sans saveur. Plus rien ne semble inquiéter Muzito. Tout dépend de la manière dont Evariste Boshab procédera lors de cette plénière de samedi. En principe la question sur la recevabilité vide celle de l’exécution du budget 2009. Une manière d’agréer ce qui a été fait. Ceci pousse les observateurs à dire que la motion de Kanku sera vidée de toute sa substance Ici, des sources indiquent encore que Muzito a toutes ses chances de s’en sortir sain et sauf. Car pour que l’opposition fasse passer cette motion, il faut réunir 251 voix. Equation somme toute difficile au regard de l’unanimité quasi retrouvée dans les rangs de la coalition AMP-PALU-UDEMO. Reste que la Majorité devra organiser rapidement une autre rencontre pour débattre franchement du réaménagement ou du remaniement du gouvernement en tenant compte des revendications objectives et du poids politique de différents cartels. Le pire est passé.

Source : Africa News

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Oscar Kashala annonce son retour

Une première de Congonews à ses lecteurs. Le président national de l’UREC- union pour la reconstruction du Congo -Oscar Kashala, ne s’était pas encore exprimé dans les médias depuis son retour outre Atlantique aux lendemains des présidentielles de 2006. L’homme n’a pourtant pas mis un terme à son combat politique. De l’étranger où il se trouve, Oscar Kashala prépare son retour au pays. La rédaction de «CONGONEWS» l’a joint au Canada où il s’est rendu pour procéder à l’ouverture du siège de son parti. Interview.

Aux lendemains des élections présidentielles, vous êtes parti sans pour autant vous prononcer sur votre retour. A quand votre retour ?

Nous avons promis que nous serons bientôt en RD Congo. Les signes et l’effervescence constatés ces jours au pays sont de nature à confirmer notre retour imminent. Bien sûr que le président National de l’UREC est effectivement en route vers la RD Congo. Nous venons nous installer définitivement au pays car le devoir républicain nous y invite. Il n’y a point de doute là-dessus.

Les élections locales sont signalées à l’horizon 2010. Est- ce que l’UREC va les affronter?

Connaissez-vous déjà le calendrier électoral pour prédire ou confirmer que les élections locales auront bel et bien lieu en 2010 ? Y’a-t-il réellement de volonté politique dans le chef du Gouvernement pour organiser ces élections ? Pour vous apaiser, l’UREC est prête pour affronter et gagner les différentes échéances électorales qui pointent tant à l’horizon 2010 qu’en 2011 ; même si les conditions matérielles et juridiques de leur organisation ne sont pas encore réunies et ne nous rassurent pas encore totalement.

Et les élections générales en 2011. L’UREC nourrit des ambitions de se présenter malgré ce qu’elle a connu en 2006 ?

Nous ne cessons de le répéter ces derniers temps, l’UREC présentera des candidats à tous les niveaux des élections prévues en 2011, même aux présidentielles. Croyez-moi et soyez rassurés que nous travaillions durement pour les gagner. Ça sera une victoire de la maturité du peuple r-dcongolais.

Quelle lecture faites-vous de la gestion de la chose publique au pays ?

La question est très vaste et englobe autant de domaines qu’il faut des livres entiers pour y répondre d’une manière complète et satisfaisante. Néanmoins, je peux résumer ma réponse comme suit : Kabila et son gouvernement se sont engagés à agir au travers d’un plan de reconstruction du pays aux lendemains de leur investiture. Ce plan s’est principalement axé sur l’amélioration des conditions de vie de la population, la restauration de l’autorité de l’Etat, la réforme du fonctionnement de notre justice, de nos forces armées, des services de police, de renseignement.

Mais les chantiers sont en marche ?

3 ans après l’investiture de Joseph Kabila, tous les indicateurs socio-économiques et politiques sont au rouge. Je tiens à préciser que Kabila a reconnu son échec lorsqu’il a déclaré qu’il n’a toujours pas 15 personnes autour de lui pour faire avancer son agenda. La Constitution du 18 février 2006 a assigné aux institutions de la Troisième République un certain nombre d’objectifs : «1° assurer le fonctionnement harmonieux des institutions de l’Etat ; 2° éviter les confits ; 3° instaurer un Etat de droit ; 4° lutter contre toute tentative de dérive dictatoriale ; 5° garantir la bonne gouvernance ; 6° lutter contre l’impunité ; 7° assurer l’alternance démocratique ».

Pouvez-vous soutenir que les institutions de la République ne fonctionnent pas de manière harmonieuse ?

Certains exemples sont édifiants à ce sujet. Qu’on se souvienne de l’épopée du Président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, contraint à la démission pour avoir fait une déclaration jugée inopportune par le Président de la République, et des autres membres du Bureau de l’Assemblée nationale, poussés à la démission, alors qu’aucun manquement ne leur était reproché. On n’est pas très loin de la raison du plus fort. Le dysfonctionnement des institutions a atteint son paroxysme. La RD Congo est le seul pays au monde où le Chef de l’Etat signe, sans s’en apercevoir, des ordonnances reprenant des noms de ses ministres comme fonctionnaires. Le pouvoir judiciaire a payé un lourd tribut du dysfonctionnement des institutions dû à la dérive dictatoriale. Des magistrats ont été nommés, promus, révoqués ou retraités sans avis du Conseil supérieur de la magistrature, au motif qu’il était impossible de le réunir. Les promotions ont été opérées sans respect des critères d’ancienneté et de cotation. Clientélisme ethnique ou politique. Le cas le plus fagrant est celui d’un jeune magistrat promu à la fonction la plus élevée dans la magistrature au détriment de ses collègues détenant une ancienneté de plus de quinze ans. Quid des magistrats révoqués sans avoir fait l’objet de poursuites disciplinaires devant le Conseil supérieur de la magistrature. Ces révocations collectives ont été décidées au mépris du principe de « l’individualité de la responsabilité disciplinaire ». On n’est pas très loin de « la tentative de dérive dictatoriale » contre laquelle il faut lutter, ainsi que l’exige la Constitution.

En vous entendre parler, sur le plan économique rien n’avance également ?

Le rapport «Doing Business 2010» de la Banque Mondiale paru le 18/09/2009 est très éloquent sur les résultats de la gouvernance de Joseph Kabila. La RD Congo, notre riche pays, occupe l’avant dernière place, soit la 182ème avant la République Centrafricaine. Un constat d’échec sur toute la ligne pour Kabila, son Gouvernement et le Parlement, qui ne se sont pas dotés des lois nécessaires à l’amélioration du climat des affaires. La bureaucratie, les tracasseries administratives, la corruption et d’autres antivaleurs s’installent confortablement au sommet de l’Etat et empêchent un afflux massif des investisseurs étrangers au pays. Tenez encore, lorsqu’ils sont installés au pouvoir en 2006, la monnaie était cotée pour 1$ = 436 à 450 Francs congolais. Aujourd’hui, elle s’échange au taux de 875 à 900 francs pour un dollar. La dévaluation est passée du simple au double, soit 200 %. L’effet d’entraînement de tous ces facteurs fait que le pouvoir (inexistant) d’achat du congolais varie autour du seuil de pauvreté. Que peuvent-ils promettre encore. Les éléments sus évoqués sont assez édifiants, à moins d’être un aveugle, pour se rendre compte que les détenteurs du pouvoir en RDC ont largement failli à leur mandat, transformant le maigre espoir suscité au lendemain des élections en un cauchemar digne d’un film de Woody Allen.

Qu’est-ce que l’UREC propose comme alternative ?

Nous, au sein de l’UREC, nous basons notre action politique autour des valeurs telles que l’excellence, la responsabilité, la recherche constante du bien être collectif du Congolais et de l’intérêt général du pays par la moralisation de l’action publique. Ce, par l’instauration d’un leadership de savoir-faire et de savoir être. Ces valeurs ne peuvent naturellement qu’être compatibles avec un environnement politique où règnent à la fois Démocratie Politique, Démocratie Economique, Démocratie Sociale et Culturelle ; et Etat de droit. Rien que la lutte effective et non des slogans contre la corruption, l’impunité, la gabegie financière et la moralisation de l’action publique, constituent des préalables pour créer un environnement psychologique permettant le redressement de la RDC.

De Gizenga à Muzito, le budget gravite autour de 5 milliards USD en ressources propres. Est-ce que la RD Congo peut réunir plus que ce montant ?

Tout a fait. Ce pays est capable de produire plus que cinq milliards des recettes pour l’Etat. D’abord, pourquoi le Gouvernement ne réussit-il pas à boucler un budget de cinq milliards. C’est simple. Il y a trop de prélèvements illégaux et irréguliers à la source de la part des autorités et de leurs protégés. Ensuite, il y a un laxisme et une opacité dans la gestion des ressources. Enfin, le Gouvernement semble se focaliser sur quelques trois ou quatre ressources, et laisse tomber toutes les autres. La RDC n’est pas un pays qui devrait avoir un budget de cinq milliards comme le Gabon qui a un peu plus d’un million d’habitant. Sachez que le rôle primordial d’un Etat est celui de percevoir l’impôt pour son peuple. L’Etat congolais n’y arrive pas. Cela est très regrettable. Cet aveu d’impuissance a été clairement exprimé dans les récents discours des présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale lors d’ouvertures de la session de septembre 2009 du Parlement. Mr. Léon Kengo wa Dondo a fait une autopsie du budget 2008-2009 en indiquant pour illustration que le taux d’inflation prévue à 11,5% atteindra 31,2% en décembre 2009. Tout en poursuivant que, jusqu’à ce jour, l’Etat n’a pas encore pu réaliser la moitié des prévisions des recettes. Pourtant les dépenses engagées dépassent les recettes. Un tableau sombre qui n’est pas seulement lié à la crise financière mondiale, mais aussi à d’autres facteurs internes.

Lesquels ?

Comme la gestion de la chose publique. Doit-on encore se permettre de faire confiance à ces prédateurs installés au sommet de l’Etat et grassement servis par l’argent du contribuable et du patrimoine national congolais ?

A votre avis, est-ce que l’Est de la République demeure toujours un Far West en dépit des accords signés entre le gouvernement et les belligérants ?

Concernant ma lecture sur les alliances conclues entre les FARDC, les Forces armées rwandaises et ougandaises, je me dois à la vérité de dire que l’opacité qui entoure les accords conclus n’en facilite pas une analyse objective.

Comment ?

L’incapacité des tenants du pouvoir actuel à instaurer la paix et restaurer l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire national est une évidence. La crise sécuritaire à l’Est de la RD Congo est une situation préoccupante et constitue une question qui doit être analysée de façon dépassionnée.

Comment l’UREC a perçu l’invitation des armées étrangères pour combattre les forces négatives ?

Pour nous, le fait que les autorités congolaises aient officiellement invité les armées étrangères à venir opérer sur notre territoire constitue déjà en soi une preuve de leur incapacité, de leur incompétence criante et leur impuissance à assumer pleinement leurs missions régaliennes sur l’ensemble de notre territoire national. On craint qu’une bonne partie de milices existantes n’ait de contreparties à Kinshasa. Ensuite, il y a lieu de relever que certains individus et ou institutions tirent bénéfice de l’instabilité dans ces territoires. C’est à ce niveau que l’UREC situe le jeu des alliances conclues entre la RDC et les autorités rwandaises et ougandaises.

Source : CongoNews

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Mbuji-Mayi : Ngoy Kasanji suspend le maire adjoint, 4 bourgmestres et leurs adjoints

Le gouverneur de province vient de suspendre le maire adjoint de la ville de Mbuji Mayi, 4 bourgmestres ainsi que leurs adjoints. Tous ces responsables administratifs sont accusés de détournement des deniers publics et de concussion. Le gouverneur de province s’est référé au rapport de contrôle de gestion effectué par une commission de l’assemblée provinciale

Selon les arrêtés pris par le chef de l’Exécutif provincial, le maire adjoint et ses bourgmestres sont mis à la disposition de la justice. Cette décision est prise dans le cadre de la lutte contre la corruption et le détournement des biens de l’Etat.

La première tête qui tombe c’est Marie Thérèse Tshisaka, maire adjoint de la ville. La commission lui reproche de n’avoir pas justifié plus de 15 millions de Francs congolais de taxe. Elle aurait aussi perçu un montant de plus 3 millions de Francs congolais. Des taxes ne relevant pas de la compétence de la mairie. Après l’arrêté du gouverneur, elle aurait subtilisé une moto Yamaha et un ordinateur, don de la coopération belge.
Le bourgmestre Ange Lusamba, de la commune de Djilu, est accusé d’avoir utilisé 7,5 millions de Francs congolais de la rétrocession. De même, le bourgmestre de la commune de la Muya, Ananiya Kabuya est frappé par la même mesure pour les mêmes faits. En revanche, Benoît Kazadi de la commune de Dibindi et sa collègue de Bipemba sont suspendus pour avoir dépensé plus de 15 millions de Francs congolais de la rétrocession. Toutes ces autorités sont mises à la disposition de la justice. Pour l’instant, on n’a aucune réaction de la part des accusés.

Source : Okapi

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Assemblée nationale : Muzitu revient pour la motion Kanku

Pas de répit pour Adolphe Muzitu. Si son projet du budget 2 010 a été déclaré recevable à la plénière de vendredi après ses réponses aux préoccupations des députés, le Premier ministre revient ce samedi à l’hémicycle du palais du peuple, cette fois-ci pour affronter la motion de défiance de l’opposition


Pour le député Clément Kanku, initiateur de la motion, le chef du gouvernement se caractérise par l’immobilisme et la mauvaise gestion des finances publiques. Ce qui a pour conséquence, entre autre, la dégradation des conditions sécuritaire, économique et sociale des populations congolaises. Ayant failli à la mission que lui a confiée le chef de l’Etat, le Premier ministre Muzito doit donc tomber, estime le député Kanku dont la motion est appuyée par une cinquantaine d’autres membres de l’Assemblée nationale, tous de l’opposition. Ceux-ci ont apposé leurs signatures sur le texte de la motion. Mais, si cette motion sera soumise au vote, il faudra une majorité absolue (251 voix) pour obtenir la déchéance du Premier ministre. A ce stade, la majorité parlementaire (l’Alliance de la majorité présidentielle, AMP) reste divisée sur cette éventualité. Selon des sources proches de cette famille politique, des concertations seraient en cours en vue de lever une option sur cette question et adopter ainsi une position commune. Du côté de l’opposition elle-même (elle est plurielle), il est difficile d’entrevoir une prise de position claire et unique, surtout qu’elle n’a pas jusqu’à ce jour un porte-parole constitutionnel.

Partira ? Partira pas ?

Dans ces conditions, pluseurs observateurs sont certains que l’opposition ira en ordre dispersé comme lors du renouvellement du bureau de l’Assemblée nationale en mars dernier après la démission de celui que présidait Vital Kamerhe. Quant à la majorité présidentielle, les mêmes observateurs disent qu’il n’y a pas à se faire des illusions sur la question. La discordance des vues ne serait qu’apparente, de façade, ou, à tout le moins, passagère dans une famille politique où la discipline est une règle d’or, soulignent certains analystes. Ils en veulent pour preuve, l’épisode Kamerhe. Bien que soutenu au départ par une bonne frange de la majorité présidentielle à la suite de sa prise de position en rapport avec l’entrée des troupes rwandaises dans l’Est du pays pour des opérations conjointes avec les FARDC contre les FDLR, un mot d’ordre de la hiérarchie a suffi pour qu’il soit lâché, et que le mécanisme de son remplacement soit enclenché tel que c’était voulu. Il en sera pareil avec l’affaire Muzito, parient ces analystes qui estiment que le successeur d’Antoine Gizenga ne partira que lorsque Joseph Kabila le voudra. Si telle n’est pas la volonté de l’autorité morale de l’AMP (ou pas encore), Adolphe Muzito ne sera pas ébranlé par la motion de défiance déposée contre lui par l’opposition.D'ailleurs, selon ceryains journaux de la place, un mot d’ordre aurait déjà été donné dans la majorité pour qu’elle fasse bloc contre cette motion.


source : Okapi

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Budget 2010 : jugé recevable, le projet envoyé en commission

L’Assemblée nationale a jugé recevable le projet du budget 2010, moyennant amendements. Le texte est envoyé à la commission économico financière pour un examen approfondi. Option levée par la plénière après que le Premier ministre Adolphe Muzitu ait répondu aux préoccupations des députés, rapporte radiookapi.net Le gouvernement Muzito devant les députés Dans sa réplique, le Premier ministre a donné un aperçu général des réalisations et des prévisions de son gouvernement à court, moyen et à long terme. Adolphe Muzitu a ainsi répondu aux préoccupations soulevées par les députés lors du débat général sur le projet de budget 2010 et de l’examen de l’exécution du budget 2009. Il a également promis d’améliorer du vécu du Congolais en tenant compte des recommandations faites par les députés. Le débat ainsi clos, l'Assemblée nationale compte apporter plusieurs modifications à ce projet sur la loi financière. En repérant notamment des ressources additionnelles et les mécanismes de mobilisation des recettes. - et en privilégiant certains secteurs jugés importants. Pour les députés, le parlement entend fournir un budget réaliste au gouvernement. Mais il reste à ce dernier de l’exécuter.

source : Okapi

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16 octobre 2009

Le chef d’état-major général de l’armée belge effectue une visite officielle en RDC

Le chef d’état-major général de l’armée belge, le général Charles-Henri Delcour, effectue, depuis hier jeudi 15 octobre, une visite de travail en République démocratique du Congo, a-t-on appris. L’objet de sa visite en RDC est de se rendre compte du travail abattu par des instructeurs belges à Kindu, dans la province du Maniema.

A l’étape de Kinshasa, le général Delcour devrait rencontrer le ministre de la Défense nationale, Charles Mwando Nsimba. Ce, avant de s’entretenir avec son homologue congolais, le lieutenant-général Didier Etumba.

Avant de se rendre à Kindu, l’agenda du chef d’état-major de l’armée belge avait prévu d’autres rencontres à Kinshasa, dont l’entretien avec le commandant des forces de la Monuc et le chef de la mission de conseil et d’assistance de l’Union européenne en matière de réforme du secteur de la sécurité en RDC (EUSEC-RDC).

Pour rappel, les ministres belge et congolais de la Défense, Pieter De Crem et Charles Mwando Nsimba, ont signé dernièrement à Bruxelles, un accord prolongeant le Programme de partenariat militaire (PPM) entre la RDC et la Belgique. Ce programme va se concrétiser par la poursuite de l’encadrement d’un bataillon commando déjà formé par des instructeurs belges.

DES PERSPECTIVES D’AVENIR

« La partie belge finalisera à Kindu, la formation de ce premier bataillon dès la fin de sa mise en place et accompagnera le suivi de sa mise en condition dans les domaines de l’entraînement, de l’administration et de la logistique en y déployant en permanence une équipe d’experts militaires », rapporte l’Agence Belga.

A noter que le bataillon d’intervention rapide doit être le premier des douze dont Kinshasa espère se doter en vue de la création d’une « force de réaction rapide » destinée à sécuriser son immense territoire, indique la source. Et d’ajouter : « Il devra être équipé de l’armement collectif, de moyens de transport et de transmissions-dont il est jusqu’ici largement dépourvu ».

La partie congolaise s’engage aussi à réhabiliter, avec un encadrement belge, le camp militaire de Lwama, près de Kindu, pour accueillir ce bataillon et à y construire des logements pour les familles des militaires en recourant à des spécialistes du génie déjà formés par la Belgique.

L’accord signé dernièrement définit aussi des perspectives pour les années 2010 et 2011, en fonction d’une évaluation des activités prévues pour cette année. La Belgique pourrait ainsi s’atteler l’an prochain à la formation d’un second bataillon commando et contribuer à la relance de l’académie militaire de Kananga, dans la province du Kasaï Occidental.

Le Royaume de Belgique est impliqué depuis 2004 dans la mise sur pied d’une nouvelle armée nationale en RDC, après la guerre d’agression de 1996-1997 et celle de 1998 à 2003. Pour cette fin, le gouvernement belge a déjà consacré quelque 40 millions d’euros.

Source : le Potentiel/Kinshasa

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Budget « Muzito »

L’Alliance de la majorité présidentielle (AMP) vient de décider de renouveler sa confiance au Premier ministre Adolphe Muzito, en donnant le mot d’ordre à ses députés et sénateurs de le soutenir dans le débat autour du rapport sur l’exécution du budget 2009 et du projet de budget pour l’exercice 2010. Contre vents et marées.

Députés et sénateurs membres de l’Alliance de la majorité présidentielle (AMP) ont été instruits de soutenir le Premier ministre Adolphe Muzito dans l’examen en cours, à l’Assemblée nationale, et plus tard, au Sénat autour du projet de budget 2010 pour l’exercice 2010.

« Malgré les divergences apparentes, observées dans les prises de position entendues lundi et mardi au Palais du peuple, les députés de la majorité parlementaire sont tenus de ne pas lâcher Adolphe Muzito », selon des sources concordantes. « Le projet de budget sous examen sera déclaré recevable et la motion initiée par l’opposition vouée à l’échec », ont-elles précisé.

Sans être dans les secrets de Dieu, elles croient savoir que la consigne viendrait de l’Autorité morale de l’AMP, qui ne voudrait par voir s’installer un climat de méfiance et de zizanie au sein de sa famille politique. « Les enjeux du moment, particulièrement au plan économique et financier, sont si importants que le moment ne semble pas propice pour fragiliser le gouvernement », rapportent-elles.

CLUB DE PARIS : NOUVEAU REPORT

Au fait, le soutien de la majorité à Muzito n’est nullement un « chèque en blanc ». Le débat général a largement démontré que même au sein de la famille politique du président de la République, la recherche de l’excellence est à l’ordre du jour. D’où ces observations pertinentes pour inviter l’Assemblée nationale à enrichir ce projet de budget.

Le souci de la majorité présidentielle est de permettre au Premier ministre de poursuivre les négociations avec les institutions de Bretton Woods dans la perspective de les rassurer. Au moment où le FMI et la Banque Mondiale s’illustrent par des tergiversations pour la signature d’un nouveau programme avec le gouvernement, la responsabilité politique exige de geler les passions politiciennes, même au sein de l’AMP, pour mieux resserrer les rangs et permettre au gouvernement Muzito de poursuivre les pourparlers avec les partenaires bi et multilatéraux. D’ailleurs, dans les couloirs du FMI et de la Banque Mondiale, l’on insiste que cet accord soit conclu avec le gouvernement Muzito au regard des avancées enregistrées jusqu’ici et la maîtrise du dossier, évitant ainsi de rentrer à la case départ.

Il convient de noter qu’entre le Fonds monétaire international (FMI) et la République démocratique du Congo, le divorce n’est pas encore à l’ordre du jour. Toutefois, il subsiste encore quelques malentendus à dissiper, avant de renouer formellement au travers d’un programme triennal soutenu par ses services au titre de la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC).

Au départ de Kinshasa le 18 août 2009 des experts du FMI, les deux parties ont convenu d’une feuille de route censée mener à fin mai 2010 la RDC au point d’achèvement de l’initiative d’allégement de la dette en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE).

Cependant, pour y arriver, le gouvernement congolais devait - à la date prévue du 15 septembre 2009 - s’expliquer devant ses créanciers traditionnels membres du Club de Paris. De l’avis du FMI, la discussion avec le Club de Paris allait porter sur un seul point, celui relatif aux amendements portés suivant un avenant sur le partenariat signé entre la RDC et un consortium d’entreprises chinoises.

A l’échéance, cette condition n’avait pas été remplie. Ce qui rendait impossible la rencontre avec le Club de Paris. La raison avancée, à cette occasion, se résumait au fait que sur les trois entreprises chinoises engagées dans le partenariat avec la RDC, une seule avait, avant cette date, signé l’avenant. Il en restait donc deux, empêchant ipso facto le Club de Paris de siéger pour trancher sur le cas RDC.

Selon la feuille de route de Kinshasa, les faits ont été alignés de telle manière que le Conseil d’administration - dernier à approuver l’accord formel avec la RDC - ne pouvait inscrire le cas RDC à son ordre après deux étapes préalables. Il s’agit de la rencontre avec le Club de Paris, suivie de la réunion mixte FMI-Banque Mondiale pour, sans doute, des questions communes à intégrer dans le programme en négociation.

L’échéance du 15 septembre 2009 n’ayant pas été respectée, le 21 octobre 2009 a été avancé comme date probable pour l’épreuve orale du gouvernement devant le Club de Paris.

Mais, comme toujours, tout dépendait de la promptitude pour la partie chinoise de signer l’avenant, selon les amendements proposés par le FMI.

A cinq jours de cette échéance, à Kinshasa, rien ne semble bouger dans le sens de la concrétisation de cette rencontre. Dans les rangs du gouvernement, silence radio, toute l’activité gouvernementale étant suspendue au débat général sur le projet de budget 2010, en cours à l’Assemblée nationale.

Par contre, plusieurs sources, généralement bien introduites dans les milieux gouvernementaux, font état d’un report de la rencontre de Paris en novembre. La nouvelle n’étonne pas, outre mesure. Car à Istanbul où il participait aux assemblées d’automne du FMI et de la Banque Mondiale, le ministre des Finances et chef de la délégation congolaise à ses assises, Athanase Matenda, a évoqué ce scénario.

A cette occasion, annonçait-il que sur les trois entreprises chinoises engagées dans le partenariat sino-congolais, une seule avait jusqu’au moment de sa déclaration, soit le 4 octobre 2009, signé l’avenant.

SOUTIEN DE RAISON

Craignant que la rencontre prévue courant octobre avec le Club de Paris ne soit avortée, le ministre des Finances a prédit : « Nous souhaitons que l’avenant soit signé au plus tard le 09 octobre pour permettre le traitement de ce dossier au prochain Conseil d’administration du FMI. Au cas contraire, l’échéance risque d’être repoussée au mois de novembre, avec des implications sur la date d’atteinte du Point d’Achèvement de l’Initiative PPTE ».

Outre l’avenant aux contrats chinois, les indélicatesses du gouvernement sur le plan budgétaire justifieraient les réserves exprimées par le FMI de renouer formellement avec la RDC.

Pourquoi alors ne pas adhérer à cette logique lorsque des sources diplomatiques renseignent qu’entre la Chine et le FMI, il ne subsisterait plus de divergences, l’essentiel des malentendus ayant été aplani au terme des discussions « secrètes ».

En Angola, en Côte d’Ivoire, ou plus près de la RDC, au Congo/Brazzaville, les entreprises chinoises s’activent sans que le FMI s’en émeuve. « En quoi le cas RDC ferait-il exception ? », s’interroge-t-on.

Les volte-face du FMI ne seraient-elles pas une manière d’affaiblir davantage la RDC ?

Si par ailleurs, le FMI n’a pas pu imposer son diktat, que manquerait-il à la RDC de résister, en empruntant courageusement le schéma qu’elle trouve propice à son développement, n’en déplaise à ses partenaires extérieurs, dont le FMI ?

Voilà pourquoi, le gouvernement du Premier ministre Adolphe Muzito, bien au fait des méandres de ce dossier et de tant d’autres jugés « très importants », devrait rester en place pour poursuivre les pourparlers en cours. Le problème est réel.

Source : le Potentiel/kinshasa

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15 octobre 2009

Muzitu attendu à l'Assemblée nationale sur fond de suspicions de corruption

MuzitoLe Premier ministre Adolphe Muzitu doit répondre, vendredi, aux préoccupations soulevées par les députés lors du débat général sur le projet de budget 2010 et l’examen de l’exécution du budget 2009. Au cours de cette séance, le projet de budget 2010 devrait être déclaré recevable ou non. Déjà certains membres de l’opposition crient à la corruption ; ce que rejettent la majorité


De fortes suspicions de corruption en vue d’achat des consciences des députés circulent à nouveau dans les couloirs du palais du peuple. Il est cependant difficile de savoir exactement si ces allégations se rapportent à la motion de défiance contre le premier ministre, matière qui est prévue le samedi, ou au vote sur la recevabilité du projet du budget 2010.

«Il y a une prime qu’on par rapport à la session budgétaire. Mais, ce qui est regrettable c’est de voir qu’il y a des députés qui perçoivent plus que les autres. Comment expliquer le surplus donné aux uns et pas aux autres ? Est-ce qu’il vient de la caisse de l’Assemblée nationale ? Je ne la pense pas. Je confirme que ces suspicions tendent vers une certaine logique de corruption, a soutenu le député Martin Mukonkole, membre de l’opposition.

Par contre, pour la majorité et certains membres de l’opposition, ces allégations sont montées de toutes pièces. Ces députés exigent des preuves tangibles. «Il n’y a pas corruption. En tout cas, je ne le crois pas ! Parce que le (résultat du) premier est de 170 (NDLR : députés favorables à l’examen préalable du projet de budget 2010) contre 169. Je ne vois pas à quel niveau il peut y avoir corruption tant le vote était serré. Ça signifie que beaucoup de gens ne sont pas d’accord. En principe, sous d’autres cieux, on tirerait déjà les conséquences de ce vote», a lancé pour sa part Gaston Musemena, de la majorité au pouvoir.

Ce n’est pas la première fois que des suspicions de corruption planent sur l’Assemblée nationale. Mais à ce jour, malgré des enquêtes parlementaires, aucune preuve n’a été fournie.

source : okapi

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Kinshasa : un nouveau bâtiment pour le bureau national de recensement

Le bureau national de recensement dispose de ses propres locaux. Il s’agit d’un bâtiment de cinq salles, réhabilité et équipé par le Fonds de Nations unies pour la population (UNFPA) dans l’enceinte de l’Institut national de la statistique, à Kinshasa. Le coût de cette réhabilitation s’élève à 56.000 $US


Ce bâtiment a été inauguré, jeudi, par la secrétaire général au Plan. Elle a indiqué à l’occasion que la remise à neuf de ce bâtiment confirme la bonne évolution du processus recensement général de la population congolaise. Cette opération est prévue pour l’an 2011. Richard Dackam Ngatchou, représentant de l’UNFPA en RDC, a rassuré la secrétaire général au Plan de l’appui de son organisation. Il a indiqué que l’UNFPA s’engage à accompagner le gouvernement en apportant son appui technique de haut niveau dans le domaine du recensement. A cette occasion, il a remis un don de 2 jeeps Toyota 4x4 pour le bureau central de recensement et l’Institut national de la statistique.
Pour rappel, le gouvernement congolais a décidé de procéder à un recensement de la population à partir de 2010. Le ministre du Plan, Olivier Kamitatu, l'avait annoncé vendredi 11 septembre dernier. Cette opération va coûter près de 170 millions $ US. Plus de 60% de cette somme proviendra des partenaires étrangers. Ce recensement général est confié à l’Institut national de la statistique, sous la supervision du ministère du Plan. « Il est clair que nous souhaitons maintenant avoir des données fiables pour la reconstruction de notre pays. C’est comme ça que nous avons décidé effectivement de nous engager sur le deuxième recensement scientifique de la population après celui de 1984. Nous avons déjà bien entendu une phase préparatoire qui va aboutir en 2010 à un premier recensement pilote qui nous donnera déjà des résultats très intéressants à partir de juin – juillet 2010 et le recensement général se fera en 2011. Le gouvernement congolais va participer pendant les deux prochaines années à une hauteur qui devrait avoisiner 30 millions dollars américains. Et nous allons mettre en place tous les éléments d’un plaidoyer international, puisque nous savons que cette opération devrait coûter plus ou moins 170 millions de dollars américains », avait déclaré le ministre Kamitatu.
RDC : Mouvements des populations incontrôlés
A ce jour, la RDC ne dispose que des estimations sur sa population. Le dernier recensement national a été effectué en 1984.Les mouvements migratoires échappent ainsi au contrôle de l’autorité publique. Même au niveau des provinces, le recensement et le contrôle des mouvements des populations n’existent plus. La dernière tentative a été observée en mai 2008 à Lubumbashi, au Katanga. A l’époque, le maire de la ville de Lubumbashi, Floribert Kaseba, avait pris deux arrêtés pour contrôler les mouvements des populations au sein de sa juridiction. Ces arrêtés stipulaient que tout nouveau venu à Lubumbashi devait signaler sa présence à la commune pour recevoir une attestation de séjour. En cas de prolongation de son séjour dans la ville, l’intéressé ou sa famille d’accueil devait prouver qu’il disposait des moyens de survie conséquents.
Cette initiative avait soulevé un tollé dans les milieux de l’opposition politique. Pour le secrétaire général du Mouvement de libération du Congo, Francois Mwamba, ces arrêtés préfiguraient un début de sécession dans la province du Katanga. D’autres analystes politiques avaient évoqué le caractère anticonstitutionnel de ces arrêtés. Finalement, ces arrêtés furent annulés par le ministre de l’Intérieur de l’époque, Denis Kalume.
Joint récemment par radiookapi.net pour commenter l’expulsion mutuelle des Congolais et des Angolais, Denis Kalume est revenu sur l’importance du recensement des populations. Il a estimé que ces opérations aux conséquences humanitaires dramatiques peuvent être évitées. Cela, si les deux Etats recensaient régulièrement leurs populations.

source : okapi

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Goma : Julien Paluku garde son poste, mais..

image_file_770La séance plénière consacrée à la motion de censure contre le gouvernement provincial du Nord-Kivu, Julien Paluku, s’est tenue jeudi dans la salle de la BDGL de Goma. Mais, cette motion n'a pas pu être soumise au vote, au motif que le quorum de 2/3 des députés présents requis n’a pas été atteint. Et du coup, la plénière a été suspendue

Seuls les 19 députés signataires de la motion contre le gouverneur du Nord Kivu, y compris les membres du bureau de l’assemblée provinciale, ont participé à la séance de jeudi. Le quorum de 22 députés présents requis par le règlement intérieur de cette institution n'a été pas atteint. Mais, cette assemblée a siégé tout de même.

Après la lecture de la motion, les six groupes parlementaires se sont succédés à la tribune pour un exposé d’environ 30 minutes. Leurs exposés ont, tous, tourné autour des détournements des deniers publics par l’exécutif provincial. Ils ont aussi relevé plusieurs failles du gouvernement provincial. Et dans leurs conclusions, les 6 groupes parlementaires, tous signataires de ladite motion, ont appelé leurs collègues au vote de la motion qui demande le départ du gouvernement provincial.

…pour combien de temps ?

Le Gouverneur a répondu aux préoccupations de l’ensemble des groupes parlementaires. Le débat est clos sur cette question et il ne reste plus que le vote. Certains députés se disent optimistes et n’attendent que la convocation d’une session extraordinaire.

«Il n’y a pas des batailles entre les deux institutions provinciales, ce n’est qu’un exercice démocratique», a déclaré de son côté le Gouverneur de province, Julien Paluku, serein. La population locale, pour sa part, qualifie ce qui vient de se passer de mise en scène.

L’Assemblée provinciale du Nord-Kivu a donc clôturé officiellement, jeudi, la session ordinaire de septembre, essentiellement consacrée au budget. On ignore si la session extraordinaire voulue par les signataires de la motion de censure contre le gouvernement provincial pourrait être convoquée ou non.

Sur base d’un rapport de la commission d’enquête sur l’exécution du budget 2008-2009 de la province du Nord-Kivu, rendu le 08 octobre à l’assemblée provinciale, ces députés ont exigé la démission en bloc de tout le gouvernement provincial, accusé de détournements des deniers publics. M. Paluku a rejeté les accusations portées contre son gouvernement, reprochant à ce rapport beaucoup d’insuffisances.

Julien Paluku avait déjà été poursuivi par les élus provinciaux pour malversations financières, fin novembre 2007. Les groupes parlementaires du PPRD, du MCR ainsi que du DCF/COFEDEC avaient lancé, une motion de défiance contre lui. Selon un rapport de la commission économico financière de l’assemblée provinciale, présenté à cet effet, le gouverneur Paluku aurait à l’époque détourné plus de 372 000 USD des recettes perçues sur le droit de péage des routes dans la province.

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KIMIA 2

VIGILANCE RDC

un lieu d'échange et de partage sur ce qui fait l'actualité en RDC. Nous souhaitons ainsi établir une passerelle entre les Congolais, les amis du Congo et tous ceux qui veulent oeuvrer pour influer sur la destination de la RDC.

05 octobre 2009

Fizi : les Maï-Maï Yakutumba intègrent, enfin, les FARDC

fardcUne forte délégation de la Monuc et du commandement Kimia II était la semaine dernière à Fizi, dans la province du Sud-Kivu. Ce déplacement était lié au programme d’intégration au sein des Forces armées congolaises ( FARDC) des ex-combattants Maï-Maï du groupe Yakutumba. D’après le porte-parole de ce groupe, plusieurs de leurs hommes ont commencé à intégrer effectivement les rangs de l’armée nationale et participent même déjà à la traque des FDLR


Pour Asanda Mwenebatu, c’est là le résultat de la rencontre avec la délégation mixte Monuc commandement de Kimia II de la semaine dernière. « Notre souhait ardent était de voir la Monuc venir pour régler la question de principe d’accord par rapport à l’accord de principe sur l’intégration du groupe Yakutumba au sein des FARDC », a souligné le porte-parole de ce groupe. En effet, Asanda Mwenebatu reconnaît que la présence des délégués de la Mission onusienne à la rencontre de Fizi a contribué surmonter les obstacles qui ont fait traîner le processus d’intégration des Mai-Mai Yakatumba au sein de l’armée nationale. Concernant la participation de ce groupe aux opérations de KImia II, la même source a précisé que ce n’était pas une conditionnalité, mais un acte de loyauté.

Les préalables du groupe ont-ils été remplis ?

De son côté, le porte-parole des opérations Kimia II dit apprécier la décision du groupe Yakutumba. Mais, au départ, le groupe Yakutumba qui avait déclaré son intention, dès le lancement des opérations militaires contre les FDLR dans le territoire de Fizi, avait posé des préalables pour son implication totale dans ce programme. Il réclamait le commandement des opérations dans Fizi, un territoire qui était sous son contrôle et l’évaluation des accords signés avec le gouvernement le 23 mars à Goma, au Nord-Kivu, dans le cadre du programme Amani, que le groupe estimait qu’ils n’étaient pas respecté par les autorités gouvernementales. Concernant le commandement des opérations revendiqué, le commandant de Kimia II, le colonel Delphin Kahimbi ne voulait pas en entendre parler. Pour lui, ce groupe Maï-Maï n’avait qu’à se soumettre, comme tous les autres groupes armés, et à présenter ses combattants armés pour leur intégration au sein des FARDC. Et d’après la même autorité militaire, les responsabilités revendiquées par le groupe Yakutumba devraient être proportionnelles au nombre de combattants présentés.

Autre revendication des Maï-Maï Yakutumba qui était partagée par tous les autres groupes signataires des accords du 23 mars, c’était l’exigence de la reconnaissance préalable au sein des FARDC des gardes de leurs officiers avant tout déploiement. La question avait été posée en août dernier pour un groupe d’officiers supérieurs FARDC sortis fin juillet du centre de regroupement de Luberizi dans la cadre du programme Amani. Issus de différents groupes armés signataires des accords dont le groupe Yakutumba, ces officiers avaient été déployés à Nyamunyunyi, dans le territoire de Kabare. Ils refusaient de s’engager dans les opérations militaires contre les FDLR avant la confirmation officielle de leurs grades. Et à cette revendication, le même colonel Kahimbi avait répliqué que l’armée classique avait ses règles et respectait un certain nombre de principes universels. Donc, que chacun des hommes en présence serait apprécié et bénéficierait d’une fonction au regard de ses capacités et son savoir faire sur le terrain.

L’évolution positive reconnue par les responsables de ce groupe qui confirment l’intégration de leurs éléments au sein des FARDC signifie-t-il que les préalables qu’ils avaient posés ont-ils été remplis, ou c’est plutôt le groupe qui s’est incliné à la position du colonel Delphin Kahimbi ?

Fin à une administration parallèle ?

L’intégration du groupe Yakutumba qui contrôlait le territoire de Fizi met-elle fin à une administration parallèle qui s’observait dans certains groupements de ce territoire ? La question vaut son pesant d’or d’autant plus dans le groupement de Babwari, à 60 kilomètres d’Uvira, les éléments du groupe Yakutumba étaient accusés notamment de percevoir en même temps que les services de l’Etat, les taxes. Le groupe imposait des taxes dans plusieurs domaines, entre autres, l’élevage, l’immigration, la navigation et l’environnement.

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kimia II

  1. Résultats de recherche de vidéos pour kimia II

    Kimia II, Joseph Kabila à Walungu...
    2 min 40 s
    www.youtube.com
    Echos de l´opération Kimia II 1/3
    11 min
    www.dailymotion.com

dimanche 20 septembre 2009

RDCongo

République démocratique
du Congo

Congo-Kinshasa

(anciennement Zaïre)

Capitale: Kinshasa
Population: 42,2 millions
Langue officielle: français
Groupe majoritaire: aucun
Groupes minoritaires: quatre langues nationales (kikongo, lingala, kiswahili et tshiluba) et plus de 200 langues locales (ngala, luba-shaba, songe, phende, kinyarwanda, shi, tetela, zande, etc.)
Langue coloniale: français (Belgique)
Système politique: république unitaire à régime autoritaire
Articles constitutionnels (langue): art. 1er, 13, 18 et 142 de la Constitution du 18 février 2006
Lois linguistiques: divers décrets présidentiels

1 Situation géographique

La République démocratique du Congo (l’ex-Zaïre) ou RDC, appelée aussi le Congo-Kinshasa pour le différencier du Congo-Brazzaville (ou république du Congo), est un pays d'une très grande superficie de 2,3 millions de km², soit environ 33 fois plus grands que le Bénélux (Belgique, Pays-Bas et Luxembourg), quatre fois plus que la France ou deux fois plus que le Québec (Canada). Les habitants du Congo-Kinshasa appellent souvent leur pays simplement «Congo».

En Afrique, seuls le Soudan et l'Algérie sont plus étendus que la RDC, qui est limitée à l'ouest par le Congo-Brazzaville, au nord par la République centrafricaine et le Soudan, à l'est par l'Ouganda, le Rwanda, le Burundi et la Tanzanie, au sud par la Zambie et l'Angola (voir la carte du pays). Partageant neuf frontières avec ses voisins, le Congo-Kinshasa est un pays totalement enclavé, sauf quelques kilomètres de côtes en bordure de l’océan Atlantique. En raison de sa grande superficie, de ses énormes richesses et de son importante population, le Congo-Kinshasa demeure l’un des «géants» de l’Afrique, avec l’Égypte, le Nigeria et l’Afrique du Sud.

Signalons aussi que la République démocratique du Congo se compose de la ville de Kinshasa (de 8 à 10 millions d'habitants) et des provinces suivantes: le Bandundu (5,2 millions), le Bas-Congo (2,8 millions), l'Équateur (4,8 millions), le Katanga (4,1 millions), le Kasaï occidental (3,3 millions), le Kasaï oriental (3,8 millions), le Maniema (1,2 million), le Kivu du Nord (3,5 millions) et le Kivu du Sud (2,8 millions). Voir la carte du pays.

Le territoire du Congo-Kinshasa jouxte à l'est la région des Grands Lacs africains et sa situation géographique le place à la «frontière» des pays «francophones» au nord (voir la carte de l'Afrique francophone) et des pays «anglophones» au sud-ouest avec le Rwanda et le Burundi (chacun de ces derniers étant 20 fois plus petits en superficie que son grand voisin). Alors qu'au nord-ouest le Congo-Brazzaville et la République centrafricaine ont le français comme langue officielle (sans oublier le Rwanda et le Burundi), l'Ouganda et la Tanzanie ont l'anglais comme langue officielle ou semi-officielle comme au Soudan. Quant à l'Angola au sud-ouest, il a le portugais comme langue officielle. Peuplé de près de 50 millions d’habitants, le Congo-Kinshasa est considéré comme le «premier pays francophone du monde», après la France.

2 Données démolinguistiques

Le Congo-Kinshasa est l'un des pays les plus multiethniques d'Afrique. On y trouve un enchevêtrement de peuples de diverses origines et parlant de nombreuses langues.

2.1 Les ethnies

Le Congo-Kinshasa compte quelque 250 ethnies qui peuvent être réparties en plusieurs groupes. Le premier groupe est formé par les peuples bantous (env. 80 % de la population) dont les principales ethnies sont les Luba (18 %), les Mongo (17 %), les Kongo (12 %) et les Rwandais hutus et tutsis (10 %); les autres ethnies bantoues sont les Lunda, les Tchokwé, les Tetela, les Bangala, les Shi, les Nande, les Hunde, les Nyanga, les Tembo et les Bembe. Les ethnies non bantoues se répartissent entre les Soudanais (Ngbandi, Ngbaka, Mbanja, Moru-Mangbetu et Zande), les Nilotiques (Alur, Lugbara et Logo), les Chamites (Hima) et les Pygmées (Mbuti, Twa, Baka, Babinga). Les Nilotiques et les Chamites, qui ont jadis quitté la vallée du Nil, ont été confrontés aux migrations bantoues, mais ont dû peu à peu laisser la place.

La majorité des Congolais sont de religion chrétienne. Les catholiques forment 40 % de la population, les protestants, 35 %, les kimbanguistes (une importante Église d'origine africaine), 10 %. Il existe également des petites communautés musulmanes (9 %), juives et grecques orthodoxes.

2.2 Les langues

Sur le plan linguistique, cette ancienne colonie belge est l'un des pays les plus multilingues de toute l'Afrique. En effet, l'Atlas linguistique du Zaïre dénombre 221 langues pour une population totale (estimée en 1996) à 42,2 millions d’habitants, c'est-à-dire une langue par tranche de 190 000 locuteurs. Cependant, 186 langues appartiennent à la seule famille bantoue et elles sont parlées par plus de 80 % de la population congolaise. Les autres langues sont représentées par la famille nilo-saharienne.

Ce pluralisme linguistique exceptionnel comprend trois grandes composantes: les langues locales dites «ethniques (ou langues congolaises), les langues dites nationales et la langue officielle (le français).

- Les langues locales

Tous les Congolais parlent l'une des quelque 200 langues «ethniques»; elles sont utilisées localement et servent à la communication entre les diverses communautés. Ceux qui ne parlent qu'une langue ethnique sont ordinairement les citoyens les moins scolarisés et les moins urbanisés. Sauf une vingtaine d’entre elles, les langues ethniques sont parlées par peu de locuteurs et ne jouissent pas de la même considération dans l’opinion publique congolaise. Ces langues sont généralement utilisées par des communautés comptant moins de 100 000 locuteurs, souvent entre 5000 et 70 000 locuteurs. Cependant, une vingtaine de celles-ci comptent plus de 100 000 locuteurs, et trois sont parlées par plus d’un million de personnes:

bembe (252 000)
bera (120 000)
budu (180 000)
budza (226 000)
chokwe (504 000)
fulero (275 000)
kanyok (200 000)
lega-shabunda (400 000)
luba-shaba (1,5 million)
mbole (100 000)
mongo (400 000)
mpuono (165 000)
ngala (3,5 millions)
ntoma (100 000)
phende (420 000)
kinyarwanda (250 000)
shi (654 000)
songe (1 million)
tetela (750 000)
zande (730 00)

Parmi ces langues, le kinyarwanda n'est pas une langue congolaise, mais une langue immigrante issue de transferts de populations venant à l'origine du Rwanda voisin à l'époque du Congo belge (vagues de 1905-1906, 1928-1929, 1940-1943, 1950-1952). Ceux qui parlent le kinyarwanda rwandais sont des Banyarwanda, c'est-à-dire des réfugiés hutus et tutsis habitant dans la province du Nord-Kivu. Les Banyarwanda sont généralement perçus comme des «étrangers» par les Congolais, surtout depuis que des conflits armés ont éclaté en 1993, dans le Nord-Kivu entre, d’une part, des Hutus et des Tutsis, d’autre part, des membres de plusieurs groupes ethniques congolais. On parle aussi depuis 1976 des Banyamulenge, c'est-à-dire «les gens de la colline ou de la forêt de Mulenge», une région du Sud-Kivu. Ce sont en général des Tutsis kinyarwandophones émigrés depuis quelques décennies du Rwanda (après 1959) et ils ne peuvent présentement se prévaloir de la citoyenneté congolaise. En fait, les Banyamulenge sont des Banyarwanda installés dans les régions de Fizi, de Mwenga et d'Uvira, toutes situées dans la province du Sud-Kivu, à l’exception de la région de Shabunda (voir la carte du pays). Quoi qu'il en soit, Banyarwanda ou Banyamulenge ne sont plus des Rwandais, mais ils ne sont pas davantage considérés comme des «authentiques» et continuent de faire l'objet de controverses de la part de nombreux Congolais qui les traitent de «minorité agressive». On ne connaît pas, de façon officielle, le nombre exact de locuteurs du kinyarwanda au Congo-Kinshasa, mais certains observateurs les estimeraient à près de 400 000. Rappelons que, lors du génocide rwandais en 1994, plus d'un million de personnes ont fui le Rwanda pour se réfugier au Congo-Kinshasa.

- Les langues nationales


Langues nationales

Par rapport aux langues congolaises, les langues nationales — kikongo, lingala, kiswahili et tshiluba — bénéficient d’une plus large audience, d’un plus grand développement et d’une plus grande expansion au plan national grâce à l’Administration, la justice, les écoles primaires, les médias et l’évangélisation. Les quatre langues nationales découpent le pays en quatre grandes aires linguistiques:

- Le swahili ou kiswahili est parlé comme langue seconde par environ neuf millions de locuteurs dans les régions de l’Est, notamment au Katanga dans le Kivu, en passant par le Lualaba à l'ouest et les Grands Lacs à l'est (ainsi qu'au Kenya et en Tanzanie).

- Le lingala est la langue maternelle ou la langue seconde d'environ 8,5 millions de locuteurs dans la capitale (Kinshasa) et les régions du Moyen-Congo et du Haut-Congo (et en République centrafricaine).

- Le kikongo, avec ses deux millions de locuteurs, est utilisé principalement dans la région du Bas-Congo et du Bandundu (et en Angola).

- Le tshiluba (ou luba-kasaï) est pratiqué par environ six millions de locuteurs dans le Sud, particulièrement dans la région du Kasaï.

Ces langues de grande diffusion se sont imposées avant la colonisation; elles sont aujourd'hui utilisées comme langues maternelles et comme langues secondes par au moins 30 millions de Congolais (de 75 % à 80 % de la population). Elles sont employées par les couches sociales les plus scolarisées et les plus urbanisées à titre de langues supra-régionales ou pour la communication inter-ethnique dans les villes. Trois des langues nationales congolaises, le lingala, le swahili et le kikongo, sont de formation récente. Leur histoire est liée à celle de la colonisation du Congo et, en principe, elles n’appartiennent en propre à aucune communauté ethnolinguistique du pays. Cet avantage leur permet, surtout au lingala et au swahili, de jouer leur véritable rôle de langues véhiculaires. Quant au tshiluba, c’est une langue qui remonterait au XVe siècle et est davantage liée aux principales communautés qui la parlent: les Baluba dans l'est du Kasaï et les Bena Lulua dans l'Ouest.

- La langue officielle

Dans le projet de Constitution de novembre 1998, quatre articles concernaient l’emploi des langues. L’article 6 traitait du statut des quatre langues nationales et de deux langues officielles: «Sans préjudice des langues nationales, les langues officielles sont le français et l'anglais.» Cependant, au plan juridique, le projet de loi constitutionnelle n'a aucune valeur pour la simple raison qu'il n'a jamais été entériné.

D'ailleurs, à la suite des résolutions du Dialogue inter-congolais de Sun City (en Afrique du Sud), du 25 février au 12 avril 2002, et à l'Accord global et inclusif sur la transition en République démocratique du Congo signé à Pretoria, le 17 décembre 2002, et adopté le 1er avril 2003, le président de la RDC du Congo, Joseph Kabila, a promulgué le 4 avril la nouvelle Constitution, ouvrant probablement la voie à la transition vers les premières élections libres dans son pays.

Les paragraphes 7 et 8 de l'article 4 portent sur les langues. Le paragraphe 7 précise que le kikongo, le lingala, le swahili et le tshiluba sont les «langues nationales», alors que le français est la (seule) langue officielle, l'anglais ayant été éliminé.

Article 4

1) La République démocratique du Congo est, dans ses frontières du 30 juin 1960, un État indépendant, souverain, indivisible, démocratique, social et laïc.

2) Son emblème est le drapeau bleu ciel frappé d'une grande étoile jaune au centre et de six petites étoiles jaunes de dimension identique et rangées longitudinalement du côté de la hampe.

3) Son hymne national est le «Debout Congolais».

4) Sa devise est «Démocratie, Justice, Unité».

5) Sa monnaie est le «Franc congolais».

6) Ses armoiries se composent d'une tête de lion encadrée par deux lauriers avec au centre des mains entrecroisées.

7) Les langues nationales sont: le kikongo, le lingala, le swahili et le tshiluba.

8) La langue officielle est le français.

Aux langues congolaises se superposent le français et l'anglais, deux langues européennes, dont l'une est officielle depuis longtemps: à peine 10 % (env. quatre millions de locuteurs) des Congolais savent le français, contre 1 % pour l'anglais. Cet article 4 est devenu l'article 1er dans la version de février 2006.

Le français, la langue officielle, reste une langue seconde pour tous ceux qui le parlent. La compétence de ces locuteurs du français reste très inégale, il va sans dire, et varie principalement en fonction des milieux urbains et ruraux.

La plupart des Congolais pratiquent une diglossie déséquilibrée, sinon une triglossie lorsqu’ils savent le français. Ainsi, ils emploient leur langue maternelle (ou ethnique) dans les relations familiales ou inter-ethniques, mais la langue véhiculaire régionale — kikongo, lingala, swahili et tshiluba — dans la vie urbaine en général: commerce, administration locale, éducation (premier cycle du primaire), presse, radio et télévision. Pour ceux qui savent le français (triglossie), employer cette langue donne automatiquement accès à toutes les sphères du pouvoir et de la connaissance. C'est encore, dans les faits, la langue de l'État et du droit.

Cependant, le souvenir du soutien réel ou supposé de la France à la dictature mobutiste (Mobutu: 1965-1997) est présent dans l’esprit de beaucoup de Congolais. C’est pourquoi le français est mal perçu pour représenter la «libération» ou la «liberté» devant l’anglais. Certains universitaires congolais prédisent la mort par étouffement du français et son éviction par l’anglais. Pourtant, les Américains ont toujours soutenu autant que la France l’ancien dictateur Mobutu qui a toujours favorisé le français.

L’anglais n’est pas encore une langue très répandue au Congo-Kinshasa, mais il fait l’objet d’un grand engouement, principalement pour des raisons politiques, idéologiques, économiques et culturelles, liées à la proximité des pays anglophones voisins. Du fait qu’il est parlé par bien peu de personnes (moins de 1 % de la population), le prestige de l’anglais n’ébranle pas encore les bases du français. D’ailleurs, les Congolais s’identifient davantage au français qu’à l’anglais, parce qu’ils considèrent la langue coloniale transmise par la Belgique comme un élément de leur patrimoine culturel. Pour l’immense majorité des Congolais, il n’est pas question de supprimer le français ou de le remplacer par l’anglais. L'officialisation de l'anglais n'a pas fait long feu: le projet est d'ailleurs mort-né.

Habitués à la coexistence linguistique, les Congolais opteraient plutôt pour une double utilisation du français et de l’anglais en tant que «langues de culture». L’objectif avoué serait de maximiser la mobilité des Congolais dont le pays se situe à la frontière des pays francophones et anglophones. Il n’en demeure pas que, même «minoritaire», l’anglais fait présentement son entrée dans un paysage linguistique diglossique ou même triglossique, car il doit concurrencer les langues vernaculaires locales, les langues nationales et le français, toujours vivace dans sa fonction de langue de culture.

3 Données historiques

Le Congo-Kinshasa a connu quatre grandes périodes au cours de son histoire moderne. Mentionnons une première tentative de colonisation de la part des Portugais, puis la période de l’État libre du Congo alors qu’il était sous la souveraineté personnelle de Léopold II de Belgique, la période du Congo belge et le Congo indépendant à partir de 1960.

Au premier millénaire de notre ère, des agriculteurs bantous pénétrèrent dans le pays et s'établirent dans la zone côtière ainsi que sur les plateaux orientaux et méridionaux. En 1482, les Portugais établirent un premier contact avec le royaume bantou du Congo. Il semble qu’à son apogée le royaume s’étendait de l'actuel Angola jusqu'au Gabon. En 1489, une ambassade du royaume du Congo rendit visite au roi du Portugal et, en 1490, des missionnaires franciscains et des artisans portugais s'installèrent dans la région. Alfonso, fils du premier roi converti, devint roi du Congo en 1507 et entreprit de christianiser le royaume. Cependant, le royaume déclina, puis s'effaça, alors que les Portugais se tournaient vers le Sud, en Angola, où la traite des Noirs rencontrait moins de difficultés. Dès cette époque, d’autres Européens et des Arabes de l'île de Zanzibar (à l'est de la Tanzanie) pratiquèrent néanmoins l’esclavagisme dans la région du Congo, mais ils ne s’installèrent pas.

En fait, l’occupation européenne fut tardive, elle ne commença qu’à la fin du XIXe siècle lorsque l’explorateur britannique Henry Morton Stanley explora le fleuve Congo entre 1874 et 1877. Il créa des pôles d’échanges commerciaux avec les populations bantoues. Au même moment, le roi Léopold II de Belgique réunit au Palais de Bruxelles une conférence internationale composée de savants, de géographes et d'explorateurs, et axée sur la découverte de l'Afrique centrale. Il en sortira (1877) l’Association internationale pour la civilisation et l'exploration de l'Afrique centrale. En 1978, il créa, avec le concours de Stanley, le Comité d'études du Haut-Congo, transformé en 1879 en Association internationale du Congo dont l’objectif était «d’ouvrir l’Afrique à la civilisation et d’abolir la traite des esclaves». Léopoldville (aujourd’hui Kinshasa), du nom du roi des Belges, fut fondée en 1881 par l'explorateur anglo-américain Henry Stanley, qui baptisa cet entrepôt de marchandises sur le Congo.

Alors que la France et le Portugal revendiquaient une partie des territoires du Congo, la Conférence de Berlin de 1885 reconnut la souveraineté de Léopold II sur le Congo, qui devint l’État libre du Congo, une possession personnelle du souverain belge ayant comme capitale la ville de Boma. Lorsque quand Léopold II reçu le Congo, il l'a d'abord proposé à la Belgique comme colonie, mais le
gouvernement l'a refusé. Le monarque belge pouvait alors «sauver les Africains de l'oppression de despotes locaux et du trafic des négriers arabes» pour les «conduire à la civilisation».

3.2 La période léopoldienne (1885-1908)

Léopold II Sans jamais avoir posé les pieds au Congo, Léopold II y établit les fondations d’un ordre colonial qui dura 75 ans. Il créa en 1888 une Force publique destinée à protéger les travaux du chemin de fer allant du port de Matadi à Léopoldville (Kinshasa); cette ligne de 400 km de long fut inaugurée en 1898, ce qui donna le coup d'envoi du développement de Léopoldville. Le roi déclara que «les terres vacantes doivent être considérées comme appartenant à l'État».

Afin de faire fonctionner «sa» colonie (en réalité, une simple entreprise commerciale personnelle) et en exploiter les richesses naturelles, Léopold II s’appuya sur son armée de mercenaires (belges, togolais, maliens, sénégalais, etc.), les missions catholiques, un certain nombre d’émissaires (des administrateurs) et de colons à sa solde, ainsi que des banquiers belges. En vue de récupérer les coûts de ses investissements personnels dans son aventure coloniale, Léopold II concéda des territoires coloniaux à des compagnies privées qui lui versaient des redevances en échange de la liberté d'extraction des richesses.

À partir de 1885, l'État indépendant fut soumis à l'exploitation de compagnies qui organisaient la collecte du caoutchouc. Certaines des richesses accumulées servirent à construire des bâtiments prestigieux à Bruxelles à Anvers et à Ostende.

Cependant, Léopold II se forgea une triste réputation en raison non seulement des travaux forcés imposés aux Congolais, mais aussi à cause des mutilations faites aux femmes et aux enfants (mains ou pieds coupés) qui ne respectaient pas les quotas de production, des impôts en nature, des massacres des habitants, sans parler du pillage de l’ivoire et du caoutchouc.

En raison des excès commis par les Blancs en Afrique, la réputation de Léopold II et son oeuvre d'outre-mer furent sérieusement remises en cause. Le roi institua une commission internationale d'enquête (1904) qui publia en novembre de l’année suivante un rapport accablant dans lequel on reconnut «les mérites de l'action royale au Congo», tout en relevant «des abus et des lacunes» de la part des colons et des milices. À l’époque, les atrocités commises au Congo et dévoilées surtout par le consul britannique au Congo, Roger Casement, soulevèrent l’indignation dans toute l’Europe. En 1908, le Parlement belge décida que l'on ne pouvait confier une colonie à la seule autorité du roi; Léopold II dut céder «l’État libre du Congo» à la Belgique qui ne pouvait refuser l'offre.

De cette «période léopoldienne», il n’est pas resté grand-chose, sinon l’introduction de la langue française dans le pays en même temps que les colons belges et un modèle d’administration brutale (mais pas plus qu'ailleurs!) dont s’inspireront plus tard les dirigeants noirs du Congo (p. ex., Mobutu et Kabila). Les Belges de l’État libre du Congo n'ont jamais favorisé l'apprentissage du français par les «indigènes», qui restèrent à l’écart de l’Administration. Tous les manuels d’histoire coloniale présentèrent par la suite Léopold II comme un «grand bienfaiteur des peuples noirs».

3.3 Le Congo belge (1908-1960)

En 1908, la Belgique fit officiellement du Congo une colonie — appelée Congo belge — dont les éléments essentiels reposèrent sur l’Administration, les missions chrétiennes et les compagnies capitalistes, sans oublier l’armée belge. La croissance économique du Congo belge se développa considérablement (grâce à la production du cuivre et du diamant), mais en fonction des intérêts coloniaux et du capital étranger, non pour répondre avant tout aux besoins de la population indigène. On peut même affirmer que l’entrée en scène de la Belgique ne changea pas grand-chose, car le régime d’exploitation et de travaux forcés s'est poursuivi. De plus, quantité de chefs coutumiers congolais, accusés de remettre en cause l’ordre colonial, furent pendus pour servir d’exemple. En 1920, Léopoldville remplaça Boma au rang de capitale du Congo belge.

Seules des pratiques administratives régirent le statut des langues au Congo belge. Le français et le flamand (appelé aujourd'hui néerlandais) furent les deux langues officielles de la colonie. À l'exemple de la Belgique, il y a même eu des projets de partage du Congo belge en une «zone francophone» et une «zone flamande». Le domaine de l’enseignement relevant des missions catholiques et protestantes, les religieux et les administrateurs ne voulurent guère favoriser l'apprentissage du français ou du néerlandais par les «indigènes». En 1929, une brochure du gouvernement colonial précisait même que la «langue indigène enseignée» dans les écoles primaires était l'une des quatre langues nationales (swahili, kikongo, lingala et tshiluba), dans le but avoué de «ne pas déraciner les indigènes». Le rôle de ces langues semble même avoir été prépondérant par rapport au français et au flamand (néerlandais), notamment dans les domaines de l'éducation et des communications destinées à la population. Les deux langues officielles de la colonie demeuraient hors de portée pour la plupart des Congolais. Les enseignants belges laissaient croire aux petits Congolais que leur langue était «une créature de Dieu» et qu’à ce titre elle devait être respectée.

Dans les faits, seul le français restait la langue de l'Administration coloniale ainsi que des écoles secondaires. Or, étant donné que le français n’était pratiquement pas accessible aux Congolais, la colonisation belge ne suscita pas l’émergence d’élites administratives et politiques locales; la coexistence entre les Blancs et les Noirs ressemblaient à une sorte d’apartheid, celle-ci étant tempérée quelque peu par la présence des missions chrétiennes.

À la fin des années cinquante, le domaine de l’éducation, resté le monopole des missions catholiques, n’avait produit que 15 universitaires congolais, aucun médecin ni ingénieur, mais avait formé plus de 500 prêtres autochtones! Les Noirs congolais les plus instruits étaient devenus des imprimeurs, charpentiers, mécaniciens, infirmiers, menuisiers, etc. Le français et le néerlandais étaient enseignés dans les écoles d'État qui formaient les fonctionnaires d’origine belge; il existait aussi des écoles d’État pour le primaire et le secondaire (en français ou en néerlandais) à l’intention des enfants des Blancs, notamment à Stanleyville, Élisabethville, et Panda-Likasi. Dans les séminaires, les futurs prêtres congolais apprenaient le français et le latin.

Le Congo belge s’est donc trouvé dépourvu du personnel politique et technique prêt à prendre la relève, lorsque les autres pays firent leurs premiers pas vers l’indépendance. L’institut colonial d’Anvers avait déjà en 1955 prévenu le gouvernement belge qu’une durée de trente ans serait nécessaire pour former une classe dirigeante capable d'assumer le pouvoir. Mais tout se passa trop vite! Les premières revendications indépendantistes se manifestèrent dès 1955. En janvier 1959, des émeutes éclatèrent à Léopoldville. Les autorités belges y répondirent par une table ronde réunissant les principaux dirigeants congolais à Bruxelles. Le gouvernement belge annonça un programme visant à former les élites congolaises à l’Administration, planifia l’organisation d’élections locales en vue de la formation d’un gouvernement congolais et s’engagea à conduire le pays vers l’indépendance. Celle-ci fut fixée par le Parlement belge au 30 juin 1960.

La plupart des Européens résidant au Congo belge étaient déjà partis en 1959 lors des premières émeutes. Contrairement aux grandes puissances coloniales (France et Royaume-Uni), l'impérialisme belge n'a pu préparé la décolonisation en sélectionnant, par exemple dans la population autochtone, des successeurs (ou «serviteurs») politiques et militaires aptes à assurer la continuité étatique après le départ des autorités coloniales. Ce fut l'improvisation, à l'exemple de la décolonisation portugaise qui se produisit quinze ans plus tard. On croit aussi que les Nations unies avaient exercer des pressions auprès de la Belgique pour que celle-ci accorde l'indépendance plus tôt que prévu.

La campagne électorale qui suivit fit apparaître un clivage entre les tenants d’une solution confédérale avec la Belgique et les partisans d’un État congolais fort et centralisé représentés par Patrice Lumumba, le chef du Mouvement national congolais (MNC).

3.4 Les douloureux lendemains de l’indépendance (1960-1966)

En mai 1960, les élections donnèrent la victoire au Mouvement national congolais (MNC) de Patrice Lumumba, qui céda la présidence à Joseph Kasavubu après la proclamation de l’indépendance, à Léopoldville, le 30 juin 1960. Lumumba fut nommé premier ministre. Puis, les violences se multiplièrent, tandis que les partis politiques exclus du gouvernement contribuaient à attiser le feu, que plusieurs provinces demandaient leur indépendance (dont la province du Katanga) et que se révoltaient les forces armées congolaises. Effectivement, dès juillet 1960, la province du Katanga, avec à sa tête Moïse Tshombé, fit sécession; dans le Kasaï du Sud, des tentatives sécessionnistes et de morcellement du territoire se firent sentir; le 14 septembre 1960, le colonel Joseph-Désiré Mobutu tenta un premier coup d’État avec le soutien de la CIA américaine.

L’horrible guerre civile qui s’ensuivit sur l’ensemble du territoire fut marquée par l’intervention des mercenaires étrangers (belges, français et sud-africains), de casques bleus de l’ONU et par l’assassinat de Patrice Lumumba (en janvier 1961). La sécession katangaise prit fin en 1963, mais la rébellion des lumumbistes se poursuivit jusqu’en 1964. À la fin de 1964, le commandant en chef, le colonel Mobutu, s’empara du pouvoir et, après avoir déposé le président Kasavubu, se proclama lui-même président du Congo belge.

En 1960, la première Constitution du Congo belge (encore appelé ainsi à l'époque), déclara le français comme seule langue officielle, le néerlandais étant aussitôt évacué. En 1962, une ordonnance présidentielle, l’ordonnance no 174, écarta les langues congolaises de l'école. Le français devint l’unique langue de l'enseignement du secteur primaire. Le recours à l’une des langues congolaises en cas de nécessité pédagogique fut réglementé par un programme national.

Certains facteurs ont joué en faveur de la consécration du français. Les nouveaux dirigeants politiques ont voulu conjurer le tribalisme et le pluralisme linguistique en favorisant l'emploi d'une «langue unificatrice». De plus, la forte centralisation administrative rendait nécessaire le recours à une langue considérée comme «neutre» parce que «non congolaise». Enfin, la valorisation sociale du français, jadis refusée aux «indigènes», exerça une profonde attraction chez les Congolais francophiles qui désiraient s'approprier cette langue prestigieuse et génératrice de développement économique.

3.5 Mobutu et la politique de l'authenticité (1965-1997)

Lorsque le colonel Mobutu Sese Seko — Joseph-Désiré Mobutu dit Sese Seko Kuku Ngbendu Waza Banga, ce qui signifie «guerrier qui va de victoire en victoire sans que personne ne puisse l’arrêter» — prit le pouvoir en 1965, appuyé par des États extérieurs (dont la Belgique, la France et les États-Unis), il instaura un régime autoritaire de type présidentiel fondé sur un parti unique, le Mouvement populaire de la révolution (MPR), et entériné par une nouvelle constitution en 1967. Avec l'arrivée au pouvoir du président Mobutu, apparut le concept officiel du «recours à l'authenticité». Cette authenticité fut définie comme le désir d'affirmer l'«africanité congolaise» et le refus d'adopter les valeurs venues d'ailleurs (l'Occident). En 1970, Mobutu devenu général, élu pour un mandat présidentiel de sept ans, lança un vaste programme d'africanisation.

- La zaïrisation linguistique

Dès l’année suivante, le pays changea même de dénomination: le Congo belge devint officiellement le Zaïre. Au nom de l'authenticité, plusieurs interventions à caractère linguistique furent amorcées. Ainsi, le gouvernement rebaptisa les noms des grandes villes (p. ex. Léopoldville > Kinshasa, Élisabethville > Lumumbashi, Stanleyville > Kisangani, Port-Francqui > Ilebo, etc.), des rues, des fleuves, des lacs, etc.; le général-président Mobutu a eu droit à un lac qui porte son nom. On supprima les noms et prénoms étrangers; les patronymes traditionnels africains devinrent obligatoires, ce qui suscita un conflit ouvert avec l'Église catholique, opposée à la déchristianisation des prénoms. Les raisons sociales furent également zaïrianisées, que ce soit dans les établissements d'enseignement, les commerces, les noms des journaux (tout en étant rédigés en français). Les termes de salutation tels que Monsieur, Madame et Mademoiselle furent remplacés par Citoyen, Citoyenne et Maman. Les députés se transformèrent en commissaires du peuple, les ministres, des commissaires d'État, les maires, des commissaires de zone, etc. La monnaie nationale porta aussi le nouveau nom du pays: le zaïre qui deviendra plus tard le nouveau zaïre. Bref, la prise du pouvoir politique par Mobutu s’est traduit également par une prise du pouvoir linguistique.

Cette idéologie du recours à l'authenticité entraîna apparemment la valorisation des langues nationales; elle remit en question le monopole du français. Le domaine de l'enseignement fut particulièrement touché. Après avoir été exclues depuis 1962, les quatre langues nationales — swahili, lingala, kikongo et tshiluba — furent réintégrées officiellement partout au pays dans l'enseignement primaire. Toutefois, cet enseignement resta confiné aux deux premières années du primaire.

La politique du recours à l'authenticité suscita des espoirs légitimes en matière de valorisation des langues nationales. Beaucoup crurent que cette idéologie allait évoluer vers une prise de position sans équivoque en faveur des langues nationales non seulement dans l'éducation, mais dans l'administration, la presse écrite, la télévision, etc. Or, ce n'est pas ce qui s'est passé. Des pressions politiques et économiques ont freiné l'expansion des langues nationales au Zaïre. Le discours officiel alla dans le sens de la promotion des langues nationales, mais les comportements des dirigeants furent caractérisés par l'hésitation, la prudence et l'attentisme. La population zaïroise ne comprit pas toujours pourquoi le discours apologétique officiel sur «l'authenticité africaine» ne s’est pas transposé davantage dans la réalité et, surtout, comment il aurait pu être compatible avec le modèle occidental perpétué par ceux-là même qui le décriaient. Beaucoup soupçonnèrent les dirigeants politiques de vouloir récupérer les valeurs ancestrales à des fins strictement personnelles et partisanes.

Autrement dit, pour que le recours à l'authenticité devienne un nouvel ordre linguistique, il aurait fallu qu'il dépasse les formes superficielles et limitées des termes africanisés, et qu'il consacrât les langues nationales comme des facteurs de développement sociale et économique. Ce n’est pas ce qu’a voulu le maréchal-président Mobutu.

- La francisation post-coloniale

Malgré la zaïrisation linguistique, le français revint en force et fut enseigné à l'oral en raison d'une demi-heure par jour dès les deux premières années du primaire. Il fut introduit progressivement à l'écrit en troisième année pour devenir l'unique langue d'enseignement en cinquième année. Au secondaire, les langues nationales n’ont jamais été enseignées.

Une nouvelle constitution fut adoptée en 1990, alors que le président Mobutu annonçait la mise en place du multipartisme et, suite à de nombreuses manifestations anti-Mobutu, la convocation d’une conférence nationale. Près de 200 partis, dont plusieurs créés sur des bases ethniques, y participèrent, mais la conférence fut suspendue en janvier 1992. On ne trouve aucune disposition à caractère linguistique dans la Constitution de 1990. Autrement dit, le français était devenu la langue officielle de facto.

La nouvelle Constitution de 1994 proclama ainsi la langue officielle du pays: «Sans préjudice des langues nationales, sa langue officielle est le français.» Aucune disposition ne traitait des quatre langues nationales — swahili, lingala, kikongo et tshiluba. En fait, durant tout le régime Mobutu, aucune loi n'a même été adoptée pour reconnaître officiellement ces langues. Le statut «national» de ces langues en fut un de facto plutôt que de droit, étant donné qu'aucun texte juridique ne le consacrait.

Le français est devenu non seulement l’unique langue du Parlement (quand il fonctionnait) et du gouvernement, mais aussi celle de l'Administration, de la justice, de l'école, de la grande presse, du travail, etc., au détriment des langues nationales. C'est ce qui fait dire à Mwatha Musanji Ngalasso, un linguiste d’origine congolaise: «De ce point de vue-là, la francophonie, dans ce qu'elle a aujourd'hui de plus conquérant, est bien une invention post-coloniale.» Cette politique de francisation s'est poursuivie, essentiellement par décrets, jusque vers le milieu des années soixante-dix. De fait, les Belges n’ont jamais voulu ni imposer le français aux «indigènes» sous prétexte de ne pas les «déraciner».

- La fin du régime mobutiste

Les 32 ans de régime autoritaire avaient rendu Mobutu (promu maréchal en 1982) très impopulaire. Sa garde présidentielle mono-ethnique, composée uniquement d’éléments originaires de son village ou de son ethnie, et l’Armée nationale (composée en grande partie de mercenaires) avaient répandu la terreur et assuré la dictature du maréchal-président. Celui-ci aimait déclarer que «les Zaïrois me doivent tout», mais en 1997 le Zaïre en était au même point qu’au moment de la décolonisation. En effet, le PIB équivalait fondamentalement à celui de 1958, alors que la population avait triplé, le revenu fiscal représentait moins de 4 % du PIB contre 17 % avant l'indépendance, la plupart des entreprises étaient acculées à la faillite, le poids de la dette extérieure continuait à compromettre les initiatives et politiques de développement et à miner les possibilités de croissance. Le Zaïre était saigné à blanc! On estime par ailleurs que, de 1908 à 1997, plus de 10 millions de Zaïrois/Congolais auraient été massacrés par les autorités en place (Léopold II, Congo belge et Mobutu).

Rappelons qu'en avril 1995 le Parlement zaïrois adoptait une série de résolutions statuant que tous les «Zaïrois d'origine rwandaise», particulièrement les Banyamulengés, avaient dorénavant le statut de «réfugiés». Ces résolutions laissaient entendre que les Banyamulengés, ces Zaïrois tutsis d'origine rwandaise, avaient acquis la nationalité zaïroise «de manière frauduleuse». La nationalité zaïroise n'était plus accordée qu'à ceux qui pouvaient prouver que leurs ancêtres vivaient au Zaïre avant 1885. Sinon ils perdaient ainsi leurs droits de citoyens comme celui de posséder des propriétés, de se présenter aux élections ou se porter candidat à des postes administratifs, etc. Évidemment, les Banyamulengés se sont sentis menacés par la mise en oeuvre de ces mesures; beaucoup ont pris les armes et déclencher en octobre 1996 une rébellion contre le gouvernement zaïrois.

Ancien compagnon de Patrice Lumumba ayant survécu grâce à la guérilla et à divers trafics, Laurent-Désiré Kabila fut choisi en 1996 par l’Ouganda (Yoweri Museveni), le Rwanda (Paul Kagame) et le Burundi (Pierre Buyoya), tous alliés des États-Unis, pour occuper la succession de Mobutu. L’année suivante, la rébellion de Laurent-Désiré Kabila, aidée militairement par l’Ouganda, le Rwanda, le Burundi et l’Angola, entra dans Kinshasa et chassa le président Mobutu (17 mai 1997), lequel se réfugia au Maroc pour y décéder deux mois plus tard.

3.6 Kabila Ier (1997-2001): un changement de dictature

Après sa prise du pouvoir, Laurent-Désiré Kabila, le chef de l'Alliance des forces démocratiques de libération du Congo (ADFL), mais aussi trafiqueur d’or, de diamant et d’ivoire, suspendit toutes les institutions congolaises, notamment le Parlement, les partis d’opposition et la Constitution, puis forma un gouvernement constitué de nouvelles personnalités, puis nomma des étrangers originaires du Rwanda, du Burundi et de l’Ouganda (les pays «parrains») à des postes stratégiques, tout en assumant seul les pouvoirs législatif et exécutif.


Léopold II


Congo-Kinshasa

Voulant sans doute montrer que la zaïrisation de Mobutu était bel et bien terminée, Laurent-Désiré Kabila, un anti-mobutiste notoire, changea, sans aucune consultation, le nom du pays: le Zaïre devint la République démocratique du Congo, alors qu’il n’existait dans ce pays aucune institution de type démocratique.

Il changea aussi le drapeau du pays: il rétablit l'ancien drapeau de Léopold II, avec une étoile jaune centrale sur fond bleu royal auquel ont été ajoutées verticalement (à gauche) six autres petites étoiles jaunes représentant chacune les grandes provinces, telles que la colonisation belge les avait administrativement conçues et que Kabila voulait rétablir.

Accueilli en libérateur par les Zaïrois en 1997, Kabila s’est mis à diriger le pays d’une main de fer. Le président autoproclamé s’est glissé sans mal dans les habits de l’ancien dictateur Mobutu, en recourant, lui aussi, à la répression, aux arrestations arbitraires et aux tortures. Les Congolais qui attendaient de grands changements ont été amèrement déçus, car le nouveau dictateur n’a rien fait d’autre que de «copier Mobutu».

Pourtant, le président Laurent-Désiré Kabila avait pris le pouvoir en promettant de mettre fin à 32 ans de dictature et de violations des droits humains commises sous le régime de son prédécesseur. En réalité, les avancées limitées dans le domaine des libertés fondamentales, dont la population du Congo-Kinshasa avait bénéficié depuis 1990, se sont systématiquement dégradées à partir de 1997; du moins, telle a été la conclusion des délégués d'Amnistie internationale, qui se sont rendus en visite dans la RDC au mois d'août 1999. Cela étant dit, à plusieurs reprises depuis 1997, les autorités congolaises ont maintes fois proclamé dans des «déclarations politiques» qu'elles reconnaissaient les principes édictés dans la Déclaration universelle des droits de l'homme, la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples et les «pactes internationaux». Par la suite, plus personne ne se fit d'illusion sur les intentions absolutistes du nouveau dictateur. L’«enfer mobutiste» continua de plus bel, alors que le pays était toujours aux prises avec la guerre civile.

En 1998, le président Laurent-Désiré Kabila se tourna contre ses «parrains» (l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi) qui occupaient encore l’est et le nord du pays. Il renvoya dans leur pays tous les soldats rwandais, ce qui mettait fin à toute relation avec l’un des alliés qui, avec l'Ouganda, lui avait permis de prendre le pouvoir en 1997. Or, le Rwanda et l'Ouganda ont réagi en envahissant le Congo-Kinshasa et en s'alliant avec une branche rebelle des Forces armées congolaises (FAC) basée à Goma et Bukavu.

Pour financer ce qu’on a appelé l’«effort de guerre», c’est-à-dire le paiement des mercenaires qui appuyaient le régime, les ventes de diamant, de cobalt et de pétrole furent largement mises à contribution. Pendant ce temps, l’Angola, le Zimbawe, la Namibie et le Tchad, alliés du pouvoir en place, occupaient l’est du pays, tandis que les nouveaux opposants au régime, le Rwanda hutu et l’Ouganda, contrôlaient presque tout l’Ouest, ces deux derniers pays considérant le Congo comme une importante base d’opérations pour les rebelles hutus qui combattaient le régime du FPR (Front patriotique rwandais). La plupart des acteurs de cette guerre, surtout le Rwanda, l’Ouganda et le Zimbabwe, en profitèrent pour piller les richesses minières des zones dont ils avaient le contrôle, évidemment le tout avec les apparences de la légalité.

En fait, des provinces entières (p. ex., l’Équateur, le Katanga, le Kivu du Nord, le Kivu du Sud, le Maniema et le Kasaï oriental) sont passées sous contrôle étranger, c'est-à-dire presque la moitié du territoire national. Beaucoup de Congolais constatèrent que ces territoires étaient désormais gérés par l’Ouganda et le Rwanda comme des «protectorats» mis à leur disposition. Des colonies de peuplement tutsis s'y sont constituées et, estimèrent des associations locales, un plan secret prévoyait une réduction des populations autochtones bantoues.

En plus du Rwanda, de l’Ouganda, de l’Angola, du Zimbabwe et de la Namibie, plusieurs autres pays sont intervenus directement ou indirectement dans le conflit au Congo-Kinshasa: le Burundi, le Tchad, le Soudan et l’Érythrée. La France, pour sa part, a été accusée d’apporter une assistance alimentaire aux rebelles sous formes d’«aides humanitaires» et les États-Unis, de leur côté, de former les militaires rwandais, ougandais et rebelles, auxquels ils apportent une aide logistique et financière. Enfin, l’Afrique du Sud est accusée d’assurer un appui militaire important au Rwanda et aux rebelles du Congo, et d’assumer la réparation des appareils militaires d'origine sud-africain.

Pour bien des observateurs, la présence des 40 000 soldats angolais, zimbabwéens, namibiens et tchadiens (sans oublier l’appui logistique de la Libye) aux côtés des Congolais rappellerait celle des soldats français, belges et marocains aux côtés des Zaïrois à l’époque de Mobutu; on pourrait rappeler aussi la participation des milices togolaises, maliennes et sénégalaises à l’époque de Léopold II. Certains considèrent que la Belgique porte encore aujourd’hui une importante responsabilité dans la crise congolaise du fait de sa politique coloniale qui semble persister au-delà de la décolonisation dans ce pays en décomposition.

Quoi qu’il en soit, Laurent-Désiré Kabila, le successeur de Joseph-Désiré Mobutu, fut abattu, le 16 janvier 2001, par l'un de ses colonels qu’il venait de limoger. Le règne de Laurent-Désiré Kabila ne s'est pas caractérisé par une politique linguistique autre que la non-intervention, contrairement à celui de son prédécesseur qui a voulu «zaïriser» tout le pays.

3.7 Kabila II

Après quelques jours de désarroi et de tension autour de la mort de Kabila Ier surnommé depuis le Mzee (le «Sage»), le «Parlement provisoire» du Congo-Kinshasa choisit alors la «solution dynastique» et proclama, le 24 janvier 2001, en tant que «président de la République» le général-major Joseph Kabila, fils aîné du président assassiné. Ce jeune inconnu, alors âgé de 29 ans, est resté encadré par un «conseil de régence» dans lequel on trouvait trois cousins de son père sous la protection de deux beaux-pères paternels. Le nouveau Kabila II, né de mère tutsie rwandaise et parlant plus facilement le swahili et l’anglais que le lingala et le français, a hérité d’un géant divisé en trois zones occupées où l’État n’existait plus, sauf à Kinshasa.

Dans son premier discours à la Nation, le 26 janvier 2001, le «plus jeune président du monde» a promis l'«ouverture» du régime hérité de son père et a adressé spécialement sa «gratitude» à la France, rappelé les «liens historiques» avec la Belgique et affirmé vouloir «normaliser ses rapports avec la nouvelle administration américaine». Bref, tout portait à croire, dès ce moment, que le régime de Kabila II allait continuer et perpétuer celui de Kabila Ier, reprenant celui de Mobutu, lequel rappelait sans aucun doute celui de Léopold II. La seule probable nouveauté résultant de la disparition du Mzee demeura un éventuel retrait progressif des forces étrangères d’occupation sous les auspices du Conseil de sécurité de l’ONU. De son côté, le président de l’Ouganda, un autre Mzee, a déclaré au quotidien New Vision de Kampala: «On ne peut éternellement se faire accuser de rester au Congo pour y voler de l'or!» Bien que Kabila II soit plus habile en anglais qu'en français, il a dû favoriser le français comme langue officielle, car il s'est sans nul doute heurté à un mur d'inertie. Pourtant, il a bien tenté d'imposer l'anglais comme langue co-officielle avec le français.

Par ailleurs, depuis son arrivée au pouvoir, Kabila II a vu son pays s'enfoncer dans les guerres ethniques. Le Congo-Kinshasa est aux prises avec des centaines de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants en train de se faire massacrer parce qu'ils ne sont pas de la «bonne ethnie». Cet immense pays semble trop grand au point que cela devint son drame. La capitale, Kinshasa, est à l'extrémité ouest, au bout du monde, et il n'y a pas de route sûre qui la relie à Bunia ou à Bukavu, à l'extrémité est.

En février 2005, la République démocratique du Congo s'est officiellement dotée d'une nouvelle constitution censée mettre fin à des décennies de dictature. La Constitution, qui opte pour un régime semi-présidentiel dans un État unitaire fortement décentralisé, a été approuvée à plus de 84 % par référendum le 18 décembre 2005.

La nouvelle Constitution, qui marque l'entrée du Congo-Kinshasa dans la Troisième République, doit permettre à ce pays de sortir de la transition d'une guerre civile dévastatrice vers un État décentralisé. Le «gouvernement provisoire» du président Kabila II, qui comprend d'anciens rebelles et adversaires politiques, doit rester en place jusqu'aux prochaines élections. Un nouveau drapeau a été choisi, alors que le français a été reconnu comme la langue officielle du pays. Le nouveau drapeau reprend celui qui avait été utilisé entre 1963 et 1971, mais avec un fond bleu ciel clair (plutôt que foncé) et frappé d'une étoile dans le coin gauche, traversé en diagonale par une bande rouge bordée de jaune.

En juillet 2006, des élections présidentielles ont eu lieu au Congo-Kinshasa et étaient censées mettre ce vaste pays sur la voie de la paix et de la prospérité. Bien que Kabila II était donné favori dans les cercles occidentaux, il était contesté comme «étranger», voire un «Rwandais», par de nombreux Congolais. Ceux-ci n'ont pas semblé apprécier qu'il ait déclaré dans une entrevue à Jeune Afrique qu'il lui suffisait de parler le swahili, langue de l'est du pays, et que le lingala de Kinshasa, l'une des langues nationales, n'était pas d'une grande importance. Quoi qu'il en soit, les résultats partiels obtenus au 20 juillet donnaient Joseph Kabila premier avec 44,98 % des voix, contre son plus proche adversaire, Jean-Pierre Bemba, avec 20 % des voix, qui a fait campagne en lingala. Kabila a recueilli les votes de l'est du pays, Bemba, celles de l'Ouest. Le second tour des élections présidentielles est prévu pour le 29 octobre 2006.

4 La politique linguistique actuelle

L’état permanent de guerre civile au Congo-Kinshasa a entraîné une désorganisation administrative généralisée, celle-ci étant accentuée par l’amateurisme chronique du nouveau régime. Seuls les nouveaux tribunaux militaires, tant locaux qu’itinérants, fonctionnent efficacement. Conformément au décret-loi 172, toutes les affaires normalement traitées par la justice civile relèvent maintenant de la compétence des tribunaux militaires, en tout cas dans les provinces où l'état de siège a été déclaré. Aucune procédure d'appel n'existe, même pour les individus condamnés à mort, ce qui, on le sait, est en complète violation des normes internationales de justice, mais une telle pratique rend la justice terriblement efficace!

Dans ces conditions, les problèmes linguistiques ont été quelque peu relégués au placard. Cela étant dit, la politique linguistique de l’authenticité a été rapidement supprimée et, le 30 juin 1997, le chef de l'État a annoncé la création d'une commission constitutionnelle chargée de l'élaboration d'un avant-projet de Constitution. En mars 1998, les membres de cette commission ont soumis un projet de Constitution à l'approbation du président. Au mois de mai suivant, le gouvernement de Kabila a créé une assemblée constituante chargée de réviser le projet de Constitution, mais elle ne fut jamais formée. La tâche de revoir le projet de constitution a été assurée en lieu et place par une «commission technique» dirigée par le ministre de la Justice. La nouvelle Constitution a été promulguée par le président de la République, le 4 avril 2003 à Kinshasa.

4.1 Le statut des langues

La dernière Constitution de 1994, qui proclamait que le français était la langue officielle du pays «sans préjudice des langues nationales», a été suspendue. On sait qu’à ce moment-là aucune disposition ne traitait des quatre langues nationales — swahili, lingala, kikongo et tshiluba. Rappelons aussi que, durant tout le régime Mobutu, aucune loi n'a été adoptée pour reconnaître officiellement ces langues. Le statut «national» de ces langues en fut un de facto plutôt que de droit, étant donné qu'aucun texte juridique ne le consacrait.

Dans le projet de Constitution de novembre 1998, quatre paragraphe concernaient l’emploi des langues. L’article 6 traitait du statut des quatre langues nationales et des deux langues officielles:

Article 6 (1998)

1) La liberté de langue est garantie.
2) Les quatre langues nationales sont le kikongo, le lingala, le swahili et le tshiluba.
3) Sans préjudice des langues nationales,
les langues officielles sont le français et l'anglais.

4) Les autres langues nationales font partie du patrimoine culturel congolais dont l'État assure la protection et la promotion.
5) Une loi fixe les modalités d'application de la présente disposition.

Quoi qu'il en soit, la nouvelle Constitution (article 202) de 2003 a abrogé toutes les dispositions constitutionnelles antérieures. Outre la reconnaissance des quatre langues nationales, on retiendra surtout que le français est resté la seule langue ayant le statut de langue officielle à l'article 4: «La langue officielle est le français.» Pourtant, des pressions avaient été exercées pour que le français partage ce statut avec l’anglais. Du fait que la plupart des milices armées, les «alliées de guerre» qui occupent le pays, sont de langue anglaise; il s’agissait là du prix à payer pour «services rendus» aux armées d’occupation alliées. Mais cette mesure ne semblait pas réaliste, étant donné le nombre réduit des locuteurs dans l'élite congolaise (moins de 1 %), sans parler de l'ensemble de la population qui ignore tout de cette langue. En faire une langue de l'administration, même après le départ des Rwandais, des Ougandais, des Zimbabwéens et des Namibiens, relèverait de l'«absurdité», sinon d'un simple «gadget» destiné à calmer les revendications des alliés étrangers «anglophones» qui contrôlent une grande partie de cet immense pays.

La nouvelle Constitution de 2005, en vigueur depuis le 18 février 2006, a repris les dispositions linguistiques de la Constitution de 2003.

Article 1er (2006)

1) La République Démocratique du Congo est, dans ses frontières du 30 juin 1960, un État de droit, indépendant, souverain, uni et indivisible, social, démocratique et laïc.
2) Son emblème est le drapeau bleu ciel, orné d’une étoile jaune dans le coin supérieur gauche et traversé en biais d’une bande rouge finement encadrée de jaune.
3) Sa devise est « Justice – Paix – Travail ».
4) Ses armoiries se composent d’une tête de léopard encadrée à gauche et, à droite, d’une pointe d’ivoire et d’une lance, le tout reposant sur une pierre.
5) Son hymne est le « Debout Congolais !»
6) Sa monnaie est « le Franc congolais ».
7) Sa langue officielle est le français.
Ses langues nationales sont le kikongo, le lingala, le swahili et le tshiluba. L’État en assure la promotion sans discrimination. Les autres langues du pays font partie du patrimoine culturel congolais dont l’État assure la protection.

4.2 Les langues du Parlement, de la justice et de l’Administration

Selon l’article 123 du projet de Constitution (1998), les langues officielles du Parlement (quand il n’était pas suspendu) devaient être au nombre de six :

Article 123

1) Le français, l'anglais et les quatre langues nationales constituent les langues de travail du Parlement. Toutefois, chacune des chambres ou le Congrès peut admettre également l'usage d'autres langues du patrimoine culturel national.

2) La loi détermine les modalités d'application de cette disposition.

Cela signifie que le gouvernement aurait été dans l’obligation de traduire la Constitution et les lois dans les quatre langues nationales et les deux langues officielles (alors en projet). Comme il s’agit d’une pratique nouvelle et que le pays manque de ressources humaines compétentes et ne dispose pas de moyens financiers (sauf pour l’effort de guerre), on ne voit pas comment, dans l’immédiat, cette disposition aurait pu être appliquée. C'est pourquoi la nouvelle Constitution de 2003 n'a pas adopté cette mesure jugée probablement prohibitive. Les lois ne sont encore rédigées qu'en français.

Mais l'article 142 de la nouvelle Constitution de 2006 impose la publication des lois en français et dans chacune des quatre langues nationales dans le délai de soixante jours à dater de la promulgation:

Article 142

1) La loi entre en vigueur trente jours après sa publication au journal officiel à moins qu’elle n’en dispose autrement.

2) Dans tous les cas, le Gouvernement assure la diffusion en français et dans chacune des quatre langues nationales dans le délai de soixante jours à dater de la promulgation.

L’article 17 de la Constitution de 2003 interdisait la discrimination fondée sur la langue ou une ethnie:

Article 17

1) Tous les Congolais sont égaux devant la loi et ont droit à une égale protection des lois.

2) Aucun Congolais ne peut, en matière d'éducation et d'accès aux fonctions publiques ni en aucune matière, faire l'objet d'une mesure discriminatoire, qu'elle résulte de la loi ou d'un acte de l'exécutif, en raison de sa religion, de son sexe, de son origine familiale, de sa condition sociale, de sa résidence, de ses opinions ou de ses convictions politiques, de son appartenance à une race, à une ethnie, à une tribu, à une minorité culturelle ou linguistique.

Cette disposition vise à lutter contre le tribalisme séculaire des Congolais, mais, le plus curieux, c’est que la garde personnelle du président Kabila était formée exclusivement des membres de son village et de son ethnie. Cet article 17 est devenu l'article 13 dans la Constitution de 2006:

Article 13

Aucun Congolais ne peut, en matière d’éducation et d’accès aux fonctions publiques ni en aucune autre matière, faire l’objet d’une mesure discriminatoire, qu’elle résulte de la loi ou d’un acte de l’exécutif, en raison de sa religion, de son origine familiale, de sa condition sociale, de sa résidence, de ses opinions ou de ses convictions politiques, de son appartenance à une race, à une ethnie, à une tribu, à une minorité culturelle ou linguistique.

En matière de justice, toutes les langues congolaises ainsi que le français peuvent être théoriquement employées, du moins en ce qui concerne les arrestations (art. 20 de la Constitution de 2003):

Article 20

1) Toute personne arrêtée doit être informée immédiatement ou au plus tard dans les vingt-quatre heures des motifs de son arrestation et de toute accusation portée contre elle, et ce, dans une langue qu'elle comprend.

Il s'agit de l'article 18 dans la Constitution de 2006:

Article 18

1) Toute personne arrêtée doit être immédiatement informée des motifs de son arrestation et de toute accusation portée contre elle et ce, dans la langue qu’elle comprend.

2) Elle doit être immédiatement informée de ses droits.

3) La personne gardée à vue a le droit d’entrer immédiatement en contact avec sa famille ou avec son conseil.

4) La garde à vue ne peut excéder quarante huit heures. À l’expiration de ce délai, la personne gardée à vue doit être relâchée ou mise à la disposition de l’autorité judiciaire compétente.

5) Tout détenu doit bénéficier d’un traitement qui préserve sa vie, sa santé physique et mentale ainsi que sa dignité.

Évidemment, les arrestations arbitraires et les exécutions sommaires rendent plutôt aléatoires cette disposition constitutionnelle. Mais, dans les cours de justice civiles de première instance, seules les quatre langues nationales continuent d’être employées conjointement avec le français. Quant à l’anglais, il est utilisé surtout dans les tribunaux militaires (hiérarchiquement supérieurs aux tribunaux civils) lorsque les inculpés sont originaires des pays voisins anglophones (les Ougandais, les Namibiens, les Zimbabwéens, etc.). Dans les cours d’instance supérieure, seul le français est utilisé. Quoi qu’il en soit, l’usage de la langue anglaise demeure une pratique relativement rare, car il n’existe à peu près pas de personnel juridique connaissant cette langue; en cas de nécessité, on utilise plutôt les services d’un interprète.

Pour ce qui reste de l’Administration publique littéralement en déliquescence, les employés emploient les langues nationales dans les régions où elles sont d’usage courant. Sinon, c’est le français ou... l’anglais dans les territoires occupés par les forces d’occupation alliées. Toutefois, c'est le lingala qui reste la langue de l'Armée nationale et non le français, sauf naturellement pour les forces d’occupation étrangère (en anglais).

Depuis le mois de mai 1997, une nette tendance semble se dessiner parmi les nouveaux dirigeants du Congo. On peut y pressentir le souhait de réduire le français à la fonction d’«instrument de travail» et un engouement certain à l’égard de l’anglais. Pour indiquer les valeurs des billets de la nouvelle monnaie (le franc congolais introduit le 30 juin 1998 pour remplacer le «nouveau zaïre»), on recourt maintenant au swahili, au français et à l’anglais, ce qui marque l’intégration de l’État congolais dans la SADC, c’est-à-dire la Southern African Development Community (ou la Communauté des États d'Afrique australe pour le développement), dont font partie l’Angola, le Congo-Kinshasa, la Tanzanie, la Zambie, la Namibie, le Mozambique, le Malawi, le Zimbabwe, le Lesotho, le Swaziland, le Botswana, l’Afrique du sud, l’île Maurice et les Seychelles. Exception faite de l’Angola et du Mozambique (portugais), tous ces pays ont l’anglais comme langue officielle ou co-officielle.

4.3 Les langues de l’éducation

Depuis la prise du pouvoir par Laurent-Désiré Kabila, les écoles du Congo-Kinshasa ont continué à se détériorer et celles qui n’ont pas été détruites sont dans un état déplorable: pas de matériel pédagogique, ni de pupitres, ni de bancs, ni de toilettes, etc. Dans certaines provinces, la plupart des cours du secteur primaire sont dispensés à l’ombre des manguiers et autres palmiers. Dans bien des cas, les parents sont obligés de se cotiser afin de payer un salaire aux professeurs, alors que les écoles sont sensées être publiques et gratuites.

Il n’existe pas de loi portant sur l’enseignement des langues dans le pays. Comme à l’époque du Congo belge et du maréchal Mobutu, seules des directives d'ordre réglementaire émanant de divers services ministériels, notamment celui de l'Éducation nationale, régissent l’emploi des langues. Les quatre langues nationales sont enseignées dans les deux premières années du primaire, puis le français est graduellement introduit à partir de la troisième année.

Dans toutes les écoles secondaires, l'enseignement est encore donné exclusivement en français. Étant donné qu’environ 15 % des enfants accèdent au secondaire, le nombre des locuteurs fonctionnels du français demeure limité. Par ailleurs, le taux d’analphabétisme est de 17,5 % pour les hommes et de 45,9 % pour les femmes; on peut augmenter cette proportion de 10 % dans les zones rurales. Tous ces gens analphabètes ignorent généralement le français (et encore plus l’anglais).

Le Congo-Kinshasa compte plusieurs instituts supérieurs d'une certaine importance, situés généralement dans toutes les villes et chefs-lieux régionaux, ainsi que sept universités, publiques ou privées, soit les universités de Kinshasa, Lumumbashi, Kisangani, Kananga, l'université du Bas-Congo à Kisantu, l'Université de l'Ouest-Kongo et l'Université de Mbuji Maji. Tout l’enseignement est dispensé en français dans ces établissements d’enseignement.

4.4 Les langues et les médias

Du côté des médias écrits, la quasi-totalité des 25 journaux et hebdomadaires les plus importants de la capitale sont publiés en français: Le Palmarès, Le Potentiel, Le Phare, Tempête des tropiques, Visa 2000, Référence Plus, Avenir, Elima, Observateur, Forum des As, Demain le Congo, Le Grognon, Umoja, Salongo, Alarme, Jeune Afrique Eco, Journal chrétien, ACP, Afro-Magazine, Alerte, Black Store, Le Soleil, Le Soft, Satellite, Vision. Même les titres tels Elima, Umoja et Salongo sont publiés en français; seul le Black Store paraît en anglais. Selon une enquête réalisée en 1999, il s’avère que plus de 80 % de la population de Kinshasa ne lit pas les journaux, surtout les femmes et les jeunes. Cependant, plusieurs journaux régionaux sont rédigés et publiés dans l’une ou l’autre des quatre langues nationales (kikongo, lingala, swahili et tshiluba).

On considère que 60 % des émissions de radio sont diffusées dans les quatre langues nationales, le reste étant en français, rarement en anglais. La plupart des stations de radio nationales diffusent leurs émissions en français ainsi que dans les quatre langues nationales: Radio Congolaise, Radio Catholique de Kinshasa, Radio Amani (suspendue), RTTF (Radio Tam-Tam Fraternité), etc. Quant à Radio Candip (Centre d'animation et de diffusion pédagogique), située à Bunia dans la Province-Orientale, elle émet en français, en swahili, en lingala et dans 16 autres langues locales.

À la télévision nationale, les langues congolaises véhiculaires sont utilisées essentiellement pour les avis, les communiqués et les émissions culturelles et de variétés; pour le reste, c’est le français qui est utilisé. C’est le cas de Télévision Congolaise et de TKM (Télé Kin-Malebo).

5 Une politique linguistique contestée

De plus en plus de Congolais remettent aujourd'hui en question la croyance que seule une langue d'importation comme le français peut être la solution idéale, notamment en matière de langues d'enseignement. Une réforme des politiques linguistiques actuelles s'avère nécessaire, mais elle ne devrait pas se limiter à ajouter l'anglais au secondaire. Elle devrait avant tout passer par la promotion des langues nationales et l'instauration d'un statut juridique en accord avec leur rôle réel dans la société congolaise. Il faudrait également favoriser les études terminologiques afin de rendre les langues nationales aptes à exprimer le monde moderne. Il faudrait enfin former les professeurs et élaborer du matériel didactique dans les langues nationales.

Quant au français, sa place est perçue comme un «mal nécessaire» pour le développement économique et l'ouverture au monde extérieur, particulièrement en Afrique francophone. Pour ce qui est de l’anglais, il ne devrait pas en rester grand-chose après le départ des milices anglophones — si départ il y a — ou de celui du président Kabila (tué le 16 janvier 2001), mais il est probable que cette langue fera éventuellement son entrée comme langue étrangère obligatoire dans les écoles secondaires. Selon le principal parti d’opposition, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), l’anglais ne devrait pas y avoir un quelconque statut officiel au Congo-Kinshasa.

La situation pourrait bien changer si les armées d’occupation restaient au Congo; il est probable que cette nouvelle donne occasionnerait de fait une partition du pays, l’une fonctionnant en français, l’autre en anglais. Dans l’éventualité où le Rwanda et l’Ouganda réussiraient, par exemple, à s’implanter définitivement au Congo, l’anglais serait là pour rester. De toute façon, la mort du dictateur Laurent-Désiré Kabila ne pouvait mettre pas fin au régime autoritaire en pratique depuis l'indépendance du Congo. La dictature semble constituer une donnée permanente dans ce pays. Cependant, la situation pourrait s'améliorer après les élections présidentielles d'octobre 2006.

On doit admettre que le gouvernement actuel, comme les précédents, ne pratiquent pas une politique linguistique très élaborée, ni très cohérente. Présentement, il s’agit d’une politique non interventionniste qui consiste à maintenir les structures en place et consolider les usages établis. L’introduction éventuelle de la langue anglaise comme langue co-officielle avec le français n'aurait relevé que d'une «façade idéologique» destinée à calmer les milices alliées qu’à un véritable changement en profondeur.

Dans le futur, il est probable que les nombreuses langues congolaises dites «ethniques» du Congo-Kinshasa vont continuer à survivre longtemps, mais il est certain que parallèlement les langues nationales sont appelées à connaître une expansion plus considérable. Parmi celles-ci, le lingala semble déjà s'imposer comme langue supranationale dans la mesure où il est utilisé massivement dans la capitale, dans l’armée et favorise la mobilité à travers le pays. Cependant, le statut des quatre langues nationales acquerra véritablement un caractère d’officialité lorsqu’elles seront utilisées au Parlement et enseignées dans toutes les écoles jusqu’à la fin du secondaire. C’est, pour le moment, loin d’être le cas.

Le français, rappelons-le, se maintient encore en tant que langue officielle au Congo-Kinshasa comme un «mal nécessaire», car, si cette langue constitue une partie du patrimoine congolais, elle est encore perçue comme une langue coloniale et impérialiste (ce que l’anglais ne serait pas?). Pour la majorité des Congolais, l’anglais est associé à l’ouverture au monde, à l’universalisme et à la mobilité. Quoi qu’il en soit, le statut du français au Congo-Kinshasa est là pour rester, même s'il demeure vulnérable.

D’ailleurs, cette vulnérabilité du français existe dans tous les pays «francophones» de la région des Grands Lacs, dont font partie le Congo-Kinshasa, le Rwanda et le Burundi qui, comme par hasard, sont tous des anciennes colonies belges. Il en résulte que le dominance du français dans ces anciennes colonies belges apparaît moins bien implantée que dans les anciennes colonies françaises. De plus, le Congo-Kinshasa, le Rwanda et le Burundi semblent aux prises avec des conflits de préséance que se livrent Britanniques, Américains, Français et Belges, sans parler des Sud-Africains et des Angolais. Toutes ces puissances étrangères se tiennent sur la défensive pour sauvegarder leurs intérêts économiques au Congo, sans tenir compte des intérêts vitaux des populations de la région, lesquelles dépendent des pays partenaires pour assurer la démocratisation du pays. Les gouvernements limitrophes réussiront peut-être ce qu'ils désirent: une partition du Congo (au profit du petit Rwanda et de l'Ouganda), sinon une officialisation de leurs aires d'influence. Dans les deux hypothèses, l'issue demeure entre les mains des étrangers.

Selon une hypothèse provenant de politiciens français, on assisterait actuellement dans la région des Grands Lacs à une offensive américano-britannique afin d’y introduire l’anglais. Or, on sait que, une fois que l’anglais est admis comme langue officielle au sein d’une organisation internationale ou nationale, les Américains, souvent aidés des Britanniques, font tous les efforts nécessaires pour éliminer les autres langues qui ne deviennent que des véhicules de traduction. Pensons à ce qui se passe présentement au Burundi et au Rwanda, alors qu’on essaie de faire entrer le «loup dans la bergerie» (l’anglais). Si la France ne réussit pas à maintenir sa présence au Congo-Kinshasa, il est possible que le pays bascule dans l’aire d’influence des pays anglophones dont les États-Unis se font maintenant les champions. Dans cette éventualité, la concurrence entre l’Europe, notamment de la part de la France et de la Belgique, et les États-Unis, qui se battent pour le contrôle de l’Afrique, pourrait entraîner à long terme des conséquences d’ordre linguistique dans toute la région des Grands Lacs africains.

Dernière mise à jour: 04 sept. 2006

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